“Pour trouver du travail, faites marcher votre réseau”…

Un conseil qui a le don de vous agacer : encore étudiant ou tout jeune diplômé, vous considérez que votre seule chance de décrocher un job est d’éplucher consciencieusement les jobboards de votre secteur.

Vous vous trompez !

Même un jeune peu expérimenté et qui sort de la fac peut avoir un réseau de qualité.

Démonstration:

La timidité ou le manque de confiance en soi sont souvent les plus gros obstacles à franchir quand on veut se constituer un réseau.

Et la tentation est grande alors de se contenter d’échanges virtuels, sur Facebook, Viadeo ou autres Linkedin….

Comme le souligne Frédéric Montagnon, “en ligne, il est désormais très facile de se créer un réseau, et tant mieux car le passage à des contacts réels n’est pas évident pour tout le monde : avoir l’attention d’une personne sur un salon, une conférence ou une soirée professionnelles n’est pas facile, tout le monde n’a pas l’aisance nécessaire.”

Rencontres incontournables

Il semble difficile de faire complètement l’impasse sur les rencontres “IRL” (“in real life” – “dans la vraie vie”), quand on souhaite développer un réseau.

“Il faut sortir de chez soi, se mettre un coup de pied aux fesses, tranche Pierre Denier, auteur du blog de conseil pour les demandeurs d’emploi ‘Haut Les Cœurs !!!’.

Les salons de recrutement, les conférences, les petits-déjeuners de l’APEC… sont des endroits à fréquenter pour élargir son réseau, notamment dans le secteur professionnel qui nous intéresse.”

Si vraiment vous êtes très intimidé à l’idée de discuter avec des professionnels susceptibles de vous embaucher, commencez par contacter des gens qui sont plus éloignés de votre futur secteur professionnel, il vous semblera plus naturel de leur demander uniquement des conseils et cela constituera un bon entraînement.

Trouver le bon motif

Pour solliciter l’attention d’un recruteur ou d’un professionnel, la principale règle est de se montrer sincère, et d’avoir une demande claire.

Faites attention à ne pas “sursolliciter” vos interlocuteurs en essayant de créer avec eux une fausse connivence ou complicité, notamment sur les réseaux sociaux : ils ne seront pas dupes et sont peut-être déjà assommés de DM [direct message sur Twitter, NDLR] et de mails faussement désintéressés.

“Pour nous contacter, il faut avoir un argument, un bon mobile explique ainsi Frédéric Montagnon, directeur marketing de Wikio et cofondateur d’OverBlog.

Par exemple dire ‘J’utilise vos services, je les apprécie, et j’aimerais donc intégrer votre entreprise à laquelle je peux proposer telles compétences’.

C’est simple, et ça peut faire mouche. Je ne suis pas très sollicité directement par les jeunes diplômés, même si je reçois une bonne centaine de CV par mois : dans le peu de messages reçus, il y a surtout des mails trop longs, que je ne comprends pas ou avec des questions qui manquent de clarté…

Pourtant, si la question est courte et qu’il n’est pas compliqué d’y répondre, je prends toujours le temps de la faire.

Et j’accepte pratiquement toutes les demandes de rendez-vous que je reçois, même de la part de gens qui prennent leurs marques ou demandent des conseils.”

Garder le contact

Mais attention, personne ne vous demande de fayotter.

L’objectif est d’aller à la rencontre d’un recruteur ou d’un professionnel pour vous renseigner, avoir des conseils, obtenir un avis ou un regard d’expert sur votre projet professionnel.

C’est très différent.

“Après une rencontre, vous pouvez laisser une carte de visite ou un mini-CV, mais il faudra surtout essayer d’avoir un contact (téléphonique ou mail) de votre interlocuteur, recommande Pierre Denier. Vous pouvez aussi essayer de le recontacter par la suite via les réseaux comme Viadeo ou Twitter.”

De même à l’issue d’un stage : n’hésitez pas à donner de vos nouvelles régulièrement à votre maître de stage, ou aux professionnels qui vous ont accompagné, tous apprécieront de voir que le temps passé avec vous a été bien investi.

En deux mois, Frédéric Montagnon relève n’avoir reçu qu’une seule demande de contact d’un jeune étudiant : “Je l’ai appelé, même si je n’avais pas de poste à lui proposer, mais pour lui donner deux contacts dans des sociétés que je connais et qui pouvaient être intéressées par son profil…” CQFD.

 Les erreurs à ne pas faire

• Quel que soit votre niveau de stress à l’idée de ne pas réussir à trouver dans un délai raisonnable le stage, le contrat en alternance ou le job de vos rêves, évitez de transmettre votre angoisse à vos interlocuteurs. C’est le meilleur moyen de leur donner envie de se débarrasser de vous au plus vite.

• De même, n’annoncez jamais de but en blanc : “Avez-vous un job pour moi ?”, car vous prenez le risque de braquer la personne qui est en face de vous et qui est peut-être déjà très sollicitée.

• Retenez qu’il vaut toujours mieux demander un avis ou un conseil sur son projet professionnel (“J’ai tel diplôme, pensez-vous que je peux intéresser des entreprises de tel secteur ?”), plutôt que de réclamer un poste. N’oubliez jamais que quelle que soit la qualité des relations établies avec les différents membres de votre réseau, ils ne vous doivent rien.

• En conclusion, essayez de rester souriant, curieux et ouvert avec tous les membres de votre réseau, même les plus proches.

Ayez la patate !” résume Pierre Denier

Publié le 29.07.2011 par Sandrine CHESNEL sur L’ETUDIANT

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