Quand la tolérance devient complaisance

« Le propre de la vérité, c’est de manquer de complaisance », Victor Hugo. 

Impossible de manager sans tolérer !

Tolérer que des tâches ne soient pas réalisées comme on l’imaginait, accepter des attitudes qui nous agacent ou des changements imposés…

Mais jusqu’où ?

Impossible de manager sans tolérer !

Manager Performant V2
Tolérer que des tâches ne soient pas réalisées comme on l’imaginait, accepter des attitudes qui nous agacent ou des changements imposés…

Mais jusqu’où ?

Sur le papier, cela pourrait être assez simple : je cesse de tolérer lorsque les faits observés (tâches, réponses, attitudes…) compromettent l’atteinte des objectifs, contreviennent aux règles de l’entreprise et de la vie en équipe ou bafouent l’équité entre collaborateurs.

Dans la pratique, les faits en question ne sont pas toujours si lisibles et l’on peine à cocher la case du « tolérable » ou de « l’intolérable », car ce qui l’est ici ne le sera pas là-bas.

C’est le contexte qui donne la grille de lecture et les contextes sont instables.

John Locke (philosophe anglais du XVIIe) tente de définir la tolérance : il la voit comme l’action de « cesser de combattre ce qu’on ne peut changer ».

La tolérance serait une forme de renoncement. 

La complaisance en est une autre. 

Définie comme une indulgence excessive, elle traduit que l’on cesse de combattre ce que l’on pourrait pourtant changer.

En sciences des matériaux, elle mesure le comportement élastique de ces derniers.

Dans la dynamique sociale et managériale, elle a son utilité puisqu’elle donne l’illusion de préserver l’ordre établi (« ne faisons pas de vagues »), d’éviter les conflits ouverts, de ne froisser personne et nous protège de la tempête que l’on voit déjà se lever.

Mais la complaisance risque de produire l’inverse de ce qu’elle recherche (plaire) : oui, elle déplait aussi et même fortement.

Elle peut déplaire à celui qui en bénéficie et qui en vient parfois à la mépriser ; elle déplait à ceux, notamment au sein d’une équipe, qui en sont les témoins et perçoivent alors l’absence d’équité, de justice voire de courage.

Pourtant, il est probable que la complaisance zéro n’existe pas.

Elle est une réaction de défense face à la perspective d’une guerre prompte à se déclarer si l’indulgence ne prenait le dessus.

Alors à chacun d’établir son échelle d’élasticité et de percevoir quand plier provoque justement ce que l’on voulait éviter… le conflit.

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