Il n’y a pas toujours de quoi rire sur le lieu de travail.

Dommage, car avec un rire, le travail est plus facile, le bien-être et la performance augmentent.

Il existe même des conseillers en humour.

Le rire est une excitation qui nous fait du bien.

Après un fou-rire, on se sent souvent rafraîchi et comme délivré.

Un rire franc représente aussi du travail corporel : on sollicite presque tous les muscles du corps, le pouls bat à 120 coups par minute.

La respiration est stimulée, les poumons se dilatent et absorbent trois à quatre fois plus d’oxygène que normalement.

De plus, la musculature est mieux irrriguée.

Après un rire, on se sent détendu et bien dans notre peau.

En groupe, on rit 30 fois plus

Le rire est contagieux et crée des liens. En groupe, on rit en moyenne trente fois plus que tout seul. Lorsque nous vivions encore dans des cavernes, le rire était un geste de menace vers l’extérieur : celui qui rit montre les dents, exprime de la force et du pouvoir. Au sein d’un groupe, montrer les dents signifie : nous sommes tous forts et donc égaux en droits.

Selon le psychologue Willibald Ruch de l’Université de Zurich, qui se penche depuis 25 ans sur le rire, la gaieté et les émotions positives, le rapport entre le stress et l´humeur est prouvé : Les personnes, qui traitent une situation pesante avec de l’humour, peuvent mieux surmonter celle-ci. « Après avoir ri, les gens se sentent plus détendus, plus gais, et souvent, les pensées sombres ont disparu comme par enchantement », explique Willibald Ruch.

Le travail et l’humour : ce ne sont pas des contradictions

Dans des examens, le psychologue a pu prouver que des personnes ayant ri sont plus en mesure de supporter des douleurs : « Après un film de Mister Bean, des sujets ont dû maintenir leurs bras le plus longtemps possible dans l’eau glacée. Ceux qui avaient ri auparavant purent endurer plus longtemps les douleurs causées par le froid. »

Ce n’est pas étonnant que l’économie ait découvert la force positive du rire. Par exemple, la compagnie aérienne américaine Southwest Airline attache de l’importance à l’humour dès l’entretien d’embauche ; on demande aux futurs employés de quelle manière ils ont eu recours à leur sens de l’humour dans leur environnement de travail ces derniers temps.

Rire n’est pas un manque de professionnalité

« Aux Etats-Unis, certaines entreprises ont créé des salles d’humour dans lesquelles des conseillers en humour font rire les employés, » explique Willibald Ruch. Selon la devise : qui peut rire en commun, peut mieux travailler ensemble. En Suisse, cette philosophie a la vie plus dure. « Beaucoup de personnes ont peur de faire un effet non professionnel ou puéril quand ils sont joyeux au travail », fait remarquer Willbald Ruch.

Il est convaincu que si, en Suisse, les conseillers en humour ne sont pas représentés dans la même ampleur, c’est parce que quelque chose de puéril et de futile colle encore au rire. Dans le domaine de la santé, on est plus ouvert face au sujet. Comme par exemple dans les hôpitaux, lesquels emploient régulièrement des clowns ou des conseillers en humour qui, en plus des patients, égaient aussi les employés en soins et de l’administration.

Rire est une expression de pouvoir

Pour les entreprises, le fait d’engager un spécialiste de l’humour serait surtout dans les temps économiquement difficiles une chance de donner une note lègère et ludique à une rencontre d’employés. En plus de cela, un tel geste permet à une entreprise d’exprimer de l’estime envers ses employés. Plus les temps sont durs, plus les gens ont besoin de lueur d’espoir. Avoir de l’humour a un effet motivant sur les employés et renforce la cohésion.

L’humour peut aussi être un moyen d’exprimer le pouvoir personnel. La sociologue américaine Sose Coser observa dans les réunions du personnel d’une clinique psychiatrique que l’humour se déroulait hiérarchiquement de haut en bas. Le chef de département racontait des blagues, des remarques drôles les unes après les autres pendant que les subordonnés des rangs inférieurs riaient de façon assidue mais n’osaient jamais s’autoriser une plaisanterie. A l’inverse de cela, un humour bien intentionné aplanit les hiérarchies. Un chef qui est en mesure de rire avec ses employés est moins supérieur, procure de l’ouverture – la communication est facilitée et les conflits sont réglés plus facilement.

Gélotologie : la science du rire

La recherche sur le rire est une science jeune qui fit sourire les autres scientifiques dans les années 60 et 70. Pendant des décennies, la psychologie ne s’est penché presque exclusivement que sur des phénomènes négatifs tels que les peurs et les dépressions. Depuis quelques années, ce qu’on appelle la psychologie positive s’oppose à cette évolution. C’est à la mode de favoriser les côtés positifs tels que la force de caractères et les vertus au lieu de vouloir guérir les côtés négatifs.

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