Que ce soit à travers un compagnon, la nourriture, l’argent, une bonne santé, la reconnaissance ou n’importe quoi d’autre, on croit qu’on va être heureux si le manque qu’on éprouve va être comblé.

Pourtant, même quand nos vœux se réalisent (on a rencontré le compagnon ou la compagne de notre vie, on a plus d’argent ou une belle promotion, une belle maison, on a retrouvé la santé, on a la belle voiture qu’on se plait à montrer à tout le monde, on est applaudit pour ce qu’on imagine avoir fait, etc. ), on se sent toujours incomplet, même si grâce à cet aboutissement nous obtenons un moment de bonheur.

Cependant, l’insatisfaction réapparait très vite. Ce moment de bonheur est plus ou moins limité dans le temps.

Alors on s’invente un autre but, plus spirituel peut être, on s’attache à une philosophie de vie, une idéologie, à un gourou… mais au bout du compte ça ne nous remplit pas non plus, il y a toujours cette sensation de manquer, de passer à côté de l’essentiel.

  • Tant qu’on regarde ailleurs qu’en soi, on passe à côté de l’essentiel, on se manque.
  • Tant qu’on se projette dans un futur hypothétique, on se rate dans le présent.

Quelque part, cette insatisfaction à quelque chose de bon, elle nous dit : » ce n’est pas ça, ce n’est pas avec ça que je vais me sentir heureux, plein, épanoui. »

En fait, c’est même le contraire : tant qu’on fait dépendre son bonheur de quelque chose d’extérieure à soi, on continue d’être malheureux.

Parce que même quand on obtient cette chose convoitée, on a peur de la perdre !

Que se passe-t-il réellement quand on croit toucher au bonheur lorsqu’on obtient la concrétisation d’un rêve ?

En fait, durant ces quelques minutes de jubilation, de pleine satisfaction, ce n’est pas l’objet obtenu qui apporte la joie, c’est le dévoilement du Soi qui s’exprime dans sa plénitude d’être, du fait qu’il n’y a plus d’attente durant ce laps de temps.

Par un phénomène d’illusion d’optique on croit avoir touché le bonheur par cet acquis, mais le bonheur est omniprésent, il est simplement voilé par l’idée qu’il nous faut quelque chose de plus pour le vivre.

Comme la perspective est tordue et que l’impermanence est une loi de ce monde, ce qui apparaît va disparaître, et du coup on reste sur son incomplétude, on reste sur sa faim, tant qu’elle dépend de ce monde en perpétuel changement.

Rien ne peut nous rassasier tant qu’on ne s’est pas retrouvé dans la complétude qui se fait sentir quand on ne demande plus rien à la vie.  Plus rien d’autre que ce qui se présente là à l’instant.

Si on a ce courage là, ce lâcher prise total, cette absence entière de projection et d’attente, même de l’instant suivant, cet abandon complet de tout contrôle sur soi et sur les autres, sur ce qui pourrait advenir ou pas, alors là, véritablement, les frontières s’estompent.

La complétude s’éprouve alors dans une douceur exquise.

Pourquoi ce moment de grâce est-il quasi extatique ?

Parce qu’ à cet instant, on a cessé de lutter, on ne se bat plus, on ne s’acharne plus à être autre chose, on ne s’agite plus comme un forcené pour obtenir quoi que ce soit, on a plus besoin de devenir un héros, une sainte, ou je ne sais quoi d’autre, juste simplement ce qu’on est, tel qu’on est et ça c’est absolument délicieux.

On ne se fait plus violence, on ne cherche plus rien, on n’attend plus rien, on ne s’occupe plus de rien, on ne se soucie plus de rien, et de façon presque magique la vie se met à tout arranger de façon merveilleuse, drôle et parfaite.

Alors la paix intérieure se déploie dans une somptueuse félicité.

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