Dernièrement, j’ai publié un post sur les personnes toxiques, et au regard du nombre de réactions (plus de 50 messages personnels et 11000 vues en 4 jours), le sujet semble être incroyablement présent dans notre société (relations amicales, sentimentales ou professionnelles).

Je vais donc reprendre certains travaux de qualité et vous en proposer un résumé que j’espère salvateur. Si bien-sûr vous avez rencontré ce genre de personne toxique, n’hésitez pas à revenir vers moi pour m’en parler, sur ma messagerie.

Il est bon de savoir qu’une personne toxique (pervers narcissique, psychopathe ou plutôt sociopathe qui est le terme clinique) est un individu souffrant d’un trouble de la personnalité le rendant inapte à l’intégration au sein d’un groupe.

Cette pathologie touche environ 3 % des hommes et 1 % des femmes. Vous en croisez donc chaque jour !

Caractéristiques de la Sociopathie

La sociopathie est une maladie psychiatrique au même titre que la schizophrénie. 

Le DSM, publié par la Société américaine de psychiatrie, la définit comme une tendance générale à l’indifférence et l’invasion des droits d’autrui, depuis l’âge mental de 15 ans, et indiquée par la présence d’au moins trois des signes suivants :

  • incapacité à se conformer aux normes sociales qui déterminent les comportements légaux (répétition de comportements passibles d’arrestation, par exemple) ;
  • tendance à tromper par profit ou par plaisir (mensonges répétés, utilisation de pseudonymes, escroqueries) ;
  • impulsivité ou incapacité à prévenir ;
  • irritabilité et agressivité (répétition de bagarres ou d’agressions verbales ou physiques) ;
  • mépris inconsidéré pour sa sécurité et celle d’autrui ;
  • irresponsabilité persistante (incapacité répétée à assumer ses propres décisions, c’est toujours de la faute des autres) ;
  • absence de remords ou d’empathie (indifférence, besoin de se justifier après avoir blessé, maltraité ou volé autrui).

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Une structure cérébrale altérée

Selon une étude scientifique allemande publiée dans le Journal of Psychiatric Research, la structure cérébrale est altérée chez les sociopathes.

Stefan Röpke de l’Université Charité (Berlin) et ses collègues ont mené une étude avec 34 personnes, dont 17 atteintes du trouble de personnalité narcissique. Dans une étude préliminaire, ils ont montré que ces dernières présentent un déficit de la capacité à éprouver de l’empathie. Dans la présente étude, ils ont également mesuré l’épaisseur du cortex cérébral au moyen de l’imagerie par résonance magnétique (IRM). Les participants atteints de ce trouble présentaient des anomalies structurelles dans une région qui est impliquée dans les processus de compassion. Cette région était nettement moins épaisse.

Sheilagh Hodgins, professeure à l’Université de Montréal et chercheuse à l’Institut Universitaire en Santé Mentale de Montréal, nous apprend également qu’elle a découvert des anomalies structurales au sein de la matière grise et dans certaines fibres nerveuses de la matière blanche chez les criminels violents atteints de psychopathie.

Il faut savoir que le niveau d’empathie est directement lié au volume de la matière grise dans une région du cortex insulaire (aussi appelé insula), et qu’elle traite l’information et les processus cognitifs. Quant à la substance blanche elle coordonne la transmission de l’information entre les différentes parties du cerveau. Les chercheurs soulignent que les personnes ayant un trouble narcissique présentent un déficit structural exactement dans cette région.

Sheilagh Hodgins a observé dans le cerveau des sociopathes un volume anormalement faible de matière grise bilatérale au niveau du cortex préfrontal antérieur et dans certaines zones des lobes temporaux. Ces zones du cerveau sont associées à l’empathie, au traitement des émotions prosociales, comme la culpabilité et l’embarras, et au raisonnement moral.  Le scientifique nous apprend de surcroît que, toujours chez les sociopathes,  des anomalies ont été relevées dans les fibres nerveuses de la matière blanche du cingulum postérieur qui relie le cortex cingulaire postérieur au cortex préfrontal médian. Ces anomalies sont associables, selon elle, au manque d’empathie propre à la sociopathie. La spécialiste en psychologie clinique de Montréal rappelle que ces zones jouent un rôle important dans l’apprentissage au moyen de récompenses et de punitions.

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Les comportements qui vous aiderons à les identifier

Les individus dits “toxiques” utilisent une foule de stratagèmes psychologiques pour asseoir leur contrôle sur les autres.

Même si certains de ces comportements peuvent être adoptés inconsciemment par des personnes “saines”, la grande différence est que les psychopathes font un effort conscient pour manipuler autrui, et deviennent du même coup des experts dans ce domaine.

Séduction, victimisation, culpabilisation et intimidation ! Telle est excatement la démarche de celui ou celle qui vous veut du mal volontairement.. et abuse de votre gentillesse, sans ressentir la moindre culpabilité et en y éprouvant même une vraie jubilation.

« Ne devenez pas son complice en acceptant la situation et en lui donnant la possibilité de jouir de son sentiment de grandeur exceptionnelle. »

Voici 9 comportements qui vous aideront à reconnaître un sociopathe, à le comprendre, mais surtout à le désarmer et à reprendre contrôle sur votre propre vie :

Le gaslighting (ou gas-lighting)

Le gaslighting est une tactique de manipulation mentale qui consiste à déformer ou à fausser le récit des évènements de manière à faire douter la victime de sa mémoire, de sa propre santé mentale, de ce qu’elle a vu/écouté/ressenti. Concrètement, cela passe par des petites affirmations insidieuses telles que “Ça ne s’est pas passé comme ça” “ Tu as tout imaginé” “Tu es fou/folle”, “Tu te fais passer pour une victime” … L’abuseur peut simplement nier avec un aplomb incroyable des faits qui se sont pourtant déroulés (comme si c’était la victime qui était “folle”), mais cela peut aller jusqu’à mettre en scène des évènements étranges afin de désorienter la victime et de la faire réellement douter de sa santé mentale.

Il s’agit probablement d’une des formes de manipulation les plus pernicieuses, parce que cela va lentement éroder votre sens de la réalité, bouffer petit à petit votre capacité à croire en vous-même et donc vous conduire inexorablement à douter de vous et de la légitimité de dénoncer que vous êtes victime d’abus mental, de violences psychologiques ou plus généralement de mauvais traitements.

Du point de vue psychologique, le gaslight s’appuie sur ce qu’on appelle une dissonance cognitive, c’est-à-dire le conflit entre deux différentes informations, deux pensées contraires : “Puis-je faire vraiment confiance à ce que j’ai vécu ? Ou bien cette personne a-t-elle raison et c’est moi qui ai un problème ?”

Pour résister à cela et contrer cet effet psychologique pervers, il est important de bien s’ancrer dans sa propre réalité : tenir un journal, écrire ce qu’il s’est réellement passé, parler avec un ami, un psychologue ou encore un réseau de soutien aux victimes d’abus mentaux. Avoir d’autres voix que la vôtre sur lesquelles vous appuyer constitue une arme efficace pour vous écarter de la réalité déformée qu’essaye de vous imposer un manipulateur.

La projection mentale (stratégie du bouc émissaire)

La projection est le mécanisme de défense des manipulateurs. C’est un trait distinctif de ces personnes : elles refusent catégoriquement d’admettre ou même de percevoir leurs propres défauts, sont incapables d’assumer leurs actes. Elles peuvent donc faire et dire tout et n’importe quoi pour éviter d’être tenues responsables: « tu en prends la responsabilité ? ».  C’est là qu’entre en scène la projection mentale : la personne ayant un comportement négatif, plutôt que de l’admettre, va déplacer la responsabilité en les attribuant à quelqu’un d’autre. En gros, c’est comme si ce fardeau était trop dur à supporter, trop lourd à assumer pour elles, et qu’elles vous refilaient tout sur les bras en vous accusant ! C’est une réaction qui permet au manipulateur de se débarrasser de sa culpabilité et de sa honte inconsciente de lui-même. Il ne faut pas oublier que ces personnes sont souvent elles-mêmes malades.

La victime devient ainsi une sorte de bouc émissaire, de poupée expiatoire que le manipulateur utilise en l’accusant pour se décharger de ce poids. Ce dernier évite ainsi d’avoir à s’encombrer avec le sens des responsabilités et le sens de la morale, pour cela il aura besoin que sa victime prenne cette responsabilité sur elle et surtout qu’elle se sente bien coupable, qu’elle éprouve de la honte, pour se rassurer.

Faire assumer la responsabilité à autrui en le prévenant « c’est ton choix  et ta responsabilité » est une technique très souvent employée par le manipulateur..

Concrètement, une personne avec une tendance mythomane va vous accuser de mentir et de travestir la réalité. Une femme qui éprouve un sentiment pathologique de dépendance et de jalousie pourra accuser son mari de trop s’accrocher à elle et de l’étouffer. Un collègue de travail dira que vous êtes inefficace et que vous ne servez à rien, pour justifier sa propre baisse de productivité.

Dévier sans cesse la conversation 

Parfois, on peut être tenté d’affronter les problèmes par le biais d’une bonne conversation, afin de trouver une solution commune dans un esprit de compromis. Si c’est bien sûr le comportement idéal à avoir avec une personne “normale”, dans le cas d’un psychopathe ou autre manipulateur, attendez-vous à tomber de haut ; il est parfois difficile de l’admettre, mais vous ne pourrez jamais avoir une vraie conversation.

En effet, si vous avez le malheur de les attaquer, les manipulateurs utilisent des stratagèmes élaborés, employant des biais cognitifs, des sophismes et autres arguments à logique fallacieuse qui leur permettent de “gagner” tous les débats, d’avoir toujours le dernier mot — même en ayant tort. Ils feront tout pour vous discréditer, vous frustrer, vous désorienter jusqu’à ce que vous ayez complètement perdu de vue le problème initial. Ne cherchez pas, à leurs yeux vous serez toujours la raison d’être de tous les problèmes.

Il n’y a qu’une seule solution, et elle est radicale : prendre conscience que les personnes toxiques ne se disputent pas avec vous, ils se disputent avec eux-mêmes tout en vous utilisant comme exutoire. Si vous essayez de les raisonner, vous leur donnez du grain à moudre et vous ne faites qu’empirer les choses pour vous. Il s’agit de se rendre compte que le problème ne vient pas de vous, mais bien de leur comportement. Passez à autre chose, arrêtez d’essayer de discuter et de les raisonner, vous ne ferez que perdre votre temps et votre énergie.

Un signe fort que vous avez affaire à un sociopathe est qu’il  coupe la parole sans aucune retenue, vous indiquant que vous n’êtes pas sur la bonne voie. Pourquoi ? Il connait tout sur tout… !.

La stratégie de l’homme de paille

La stratégie de l’homme de paille n’est pas seulement la spécialité des pervers narcissiques puisqu’elle est aussi très utilisée en… politique. Il s’agit en fait de représenter de manière fausse ou d’exagérer de façon absurde vos propres pensées et sentiments. En déformant ainsi ce que vous dites d’une manière qui arrange votre interlocuteur, votre argument devient plus facilement attaquable.

La différence, c’est que les psychopathes poussent le vice au point de vous faire passer pour une personne mauvaise, en vous culpabilisant et en s’attaquant à vos émotions.

Par exemple, si vous essayez de dire que vous n’êtes pas satisfait de la façon dont cette personne toxique vous traite, sa réaction pourra être de vous faire dire ce que vous n’avez pas dit, par exemple “ Donc je suis une personne méchante, c’est ça que tu penses ?” ou encore “Oh, donc toi par contre tu es parfait, hein?” alors que vous n’avez fait qu’exprimer votre sentiment légitime dans l’espoir de trouver une solution.

À terme, ce comportement finit par invalider totalement votre droit à avoir et à exprimer des pensées ou des émotions, ce qui est évidemment gravissime. Pour ne rien arranger, cela instaure un sentiment de doute et de culpabilité permanente, à chaque fois que vous tentez d’établir des limites et des bornes à ne pas franchir.

Être mal à l’aise en présence d’une personne est un signe que vous êtes très certainement en face d’un vrai sociopathe. Sa présence vous pèse, malgré les sentiments que vous pouvez avoir.

L’emploi de différentes formes de menaces et de chantage

Le problème avec les personnes toxiques, les manipulateurs mentaux et autres pervers narcissiques, c’est qu’ils vous menaceront sans cesse, vous prendront en otage sans (nécessairement) passer par la violence physique. C’est au final beaucoup plus traître et surtout, difficile à reconnaître comme une véritable forme de violence qu’une personne qui vous dirait “fais ça ou je te pète la tronche”.

Ne vous laissez pas faire, ce n’est pas parce qu’on ne vous menace pas physiquement que vous n’êtes pas victime de violences !

L’abus mental est une forme de violence bien réelle, que l’on a tendance malheureusement à reconnaître moins souvent.

Ne vous laissez pas faire, des associations existent pour vous aider. Le premier pas, le plus difficile, est de réaliser que vous êtes bel et bien victime de violences psychologiques. Et contrairement à ce que certains tentent de vous faire croire, le crédit à apporter à votre histoire est tout aussi important que pour une personne victime de violences physiques.

Ces personnes sont dans la critique permanente. Elles jugent tout le monde. Sachez que derrière votre dos, elles sont prolixes à votre égard. C’est une certitude.

Le conditionnement destructeur

Attention, parce que nous allons aborder quelque chose qui relève vraiment du grand mindfuck. Les personnes toxiques peuvent en effet vous conditionner lentement pour que vous finissiez par associer mentalement toutes vos forces, vos talents, tous vos beaux souvenirs et tous les moments heureux de votre vie avec la souffrance, la frustration, le malheur. Comment font-elles cela ? En insinuant au quotidien, de manière tout à fait innocente, des attaques contre des qualités, des traits de caractère ou des choses que vous idéalisez, qui vous définissent ou que vous prenez pour modèle.

En plaçant ces associations cachées avec vous, sans même que vous ne le remarquiez, ils vous changent lentement et au fil du temps, vous apprennent à vous haïr, à douter de vos qualités, de vos capacités, bref, à douter de vous malgré vos certitudes préalables à la relation.

Ils ruineront ainsi vos fêtes, vos vacances, détruiront les objectifs que vous vous étiez fixés, vous éloigneront de votre famille et de vos amis pour vous rendre dépendant vis-à-vis d’eux. Et au final, par le biais d‘un réflexe quasiment pavlovien, les psychopathes vous “dresseront” à rejeter ou à avoir peur de faire les choses qui rendaient votre vie agréable et enrichissante, ils vous dégoûteront progressivement de tout ce que vous aimez, tout cela pour que vous reportiez toute votre attention sur eux.

La vérité, c’est qu’ils ont peur de tout ce que vous pouvez aimer d’autre à part eux, et de tout ce qui peut se placer entre eux et le contrôle qu’ils cherchent à exercer sur vous.

Votre bonheur représente tout ce qu’ils ne peuvent pas avoir, ce qu’ils ne peuvent contrôler, ils cherchent donc simplement à la détruire, par jalousie ou bien pour mieux vous manipuler.

Les campagnes de rabaissement public

Si une personne à tendance toxique ou manipulative ne parvient pas, en dépit de ses efforts, à modifier la manière dont vous vous percevez vous-même, ils chercheront à contrôler et à changer la manière dont les autres personnes vous perçoivent. Par exemple, devant des témoins, ils peuvent changer subitement de comportement et se mettre à jouer les martyrs, de sorte que — ironie du sort — c’est vous qui passez pour la personne toxique !

Cela peut aller loin, ils peuvent même finir par harceler vos proches afin d’ ”exposer la vérité” à votre sujet. Paradoxalement (mais pas tant que cela si on garde en tête le mécanisme de projection évoqué dans le point 2) , cette exposition leur permet de créer une façade pour cacher leur propre comportement abusif, et surtout, pour vous discréditer automatiquement si vous tentez de les dénoncer ou de parler à vos proches de ce qui vous arrive !

Il s’agit en effet aussi d’une “frappe préventive” pour salir votre réputation auprès des seules personnes qui pourraient vous soutenir et vous aider à lui faire face, afin de saboter votre potentiel réseau d’aide. Vous vous sentez ainsi seul(e), sans personne pour vous croire ou vous appuyer. Si c’est le cas et que malheureusement pour vous votre manipulateur a déjà saboté votre entourage familial et affectif, vous pouvez vous tourner vers des centres d’appel anonymes, voir un psychologue ou encore aller dans des associations spécialisées pour vous aider.

Expliquer votre problème à des professionnels qui connaissent ce genre de problème (et qui vous croiront) peut être le meilleur moyen d’obtenir des conseils avisés et personnalisés si vous vous sentez seul au monde.

La triangulation

Faire intervenir l’opinion (réelle ou supposée), la perspective voire la menace d’une tierce personne : voilà à quoi se résume le principe de la triangulation. Ce stratagème est le plus souvent utilisé pour valider le point de vue abusif de la personne toxique tout en invalidant du même coup la réaction pourtant légitime de la victime face à l’abus.

Les psychopathes adorent par-dessus tout faire intervenir une voire plusieurs personnes de leur entourage personnel (des collègues de travail, des amis, des ex-partenaires amoureux voire même des membres de la famille) afin de provoquer la jalousie, l’incertitude en vous. Ils peuvent également utiliser les opinions des autres pour valider leur point de vue.

C’est un réflexe humain, bien connu par les rhétoriciens : lors d’une discussion, celui qui parvient à s’attirer les faveurs du public ou des témoins de la scène a “gagné” la dispute, quelle que soit la qualité de son argumentation. Après tout, si tous les autres (qui sont dans la pièce) sont d’accord avec lui, cela doit vouloir dire que vous avez tort, pas vrai ?

Pour se sortir de ce piège, souvenez-vous que vous avez affaire avant tout à un MANIPULATEUR. C’est-à-dire que cette autre personne est probablement manipulée par lui (peut-être même qu’il vous utilise vous aussi à votre insu, pour trianguler cette autre personne, vous montant l’un contre l’autre pour mieux vous contrôler tous les deux !). Pour faire face à cela, battez-le en utilisant sa propre arme contre lui. Essayez de le confronter en la présence d’une personne qui vous soutient et en qui vous avez entièrement confiance !

Le contrôle permanent des moindres petits aspects de votre vie

Plus important que tout, les personnes toxiques adorent maintenir le contrôle sur autrui (sans quoi la relation n’est plus viable et sans intérêt pour eux ou pour elles), et sont prêts à tout pour obtenir et conserver ce contrôle, de quelque manière que ce soit. C’est cette idée qui les obsède est leur seul carburant dans toutes les relations (privées ou pro).

Pour cela, ils sont prêts à tout : vous isoler, vous demander de déménager pour que vous n’ayez plus que lui comme repère, établir un contrôle permanent sur vos finances, sur les personnes que vous fréquentez, ce que vous lisez, où vous allez… Ils cherchent à gérer chaque facette de votre vie et ne vous laissent aucun espace libre pour vous développer.

Et pourtant, la tactique la plus puissante qu’ils possèdent pour vous contrôler, c’est bel et bien de jouer avec vos émotions !

C’est pour mieux vous contrôler qu’ils inventent de toutes pièces des situations de conflit, afin de vous déstabiliser et de vous affaiblir. C’est pour mieux vous contrôler qu’ils s’effacent émotionnellement, pour vous couvrir d’amour et d’attention ensuite s’ils sentent qu’ils sont en train de perdre la main sur vous.

Et c’est à cause de tout cela qu’ils vacillent sans cesse entre le vrai et le faux, et que vous ne pourrez jamais avoir de stabilité psychologique ni aucune certitude pour savoir qui cette personne est réellement, ce qu’elle ressent et ce qu’elle pense.

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Les symptômes clés de la Psychopathie (ou Sociopathie)

[Extrait de « Without Conscience: The Disturbing World of the Psychopaths Among Us » (Simon & Schuster) by Rober Hare ph.D. Copyright 1993.] 

Émotionnel/interpersonnel :

– Insensible et superficiel
– Égocentrique et grandiose
– Manque de remords ou de culpabilité
– Manque d’empathie
– Trompeur et manipulateur
– Émotions peu profondes

Déviance sociale :

– Impulsif
– Faible contrôle comportemental
– Besoin d’excitation, de sensations fortes
– Manque de responsabilité
– Problèmes comportementaux précoces
– Comportement antisocial à l’âge adulte

Insensible et superficiel

Les psychopathes sont souvent bavards et ont le contact facile. Ils peuvent être d’amusants et divertissants causeurs, habiles à la réplique et sont capables de raconter des histoires improbables mais convaincantes qui les montrent sous un jour favorable. Ils peuvent être très efficaces à se faire percevoir sous un bon jour et sont souvent aimables et charmants.

La flatterie est leur première arme. Vous vous sentez extraordinaire… et vous commencez à tomber dans le piège..! Puis des cadeaux qui vous font très plaisir, bien-sûr, mais qui sont autant d’investissements pour eux (ou elles). Avec un retour sur investissement si possible rapide…

Un de mes évaluateurs a décrit une entrevue qu’elle a réalisée avec un prisonnier : « Je me suis assise et j’ai sorti mon carnet de notes, » raconte-t-elle, « et la première chose qu’il m’a dite était que j’avais de beaux yeux. Il a réussi à glisser un certain nombre de compliments sur mon apparence pendant l’entrevue, et au moment de clore l’entretien, je me sentais inhabituellement… jolie. Je suis une personne prudente, spécialement au travail, et habituellement je sais repérer un imposteur. Quand je suis sortie, je n’arrivais pas à croire que j’étais tombée dans le panneau. »

Égocentrique et grandiose

Les psychopathes ont une vue narcissique et surgonflée d’eux-mêmes et de leur importance, une égocentricité et un sens de leur bon droit vraiment époustouflant et ils se voient comme le centre de l’univers, ayant toute justification à vivre selon leurs propres règles. « Ce n’est pas que je ne suive pas la loi, » a dit un sujet, « je suis mes propres règles. Je ne viole jamais mes propres règles. » Elle décrivit ensuite ces règles comme « la quête pour devenir la Numéro Un ».

Les psychopathes prétendent souvent avoir des buts spécifiques mais ne semblent pas avoir conscience des qualifications nécessaires – ils n’ont aucune idée de comment les obtenir et peu ou aucune chance d’atteindre ces buts au vu de leur dossier et de leur manque d’intérêt soutenu pour les études formelles. Le prisonnier psychopathe pourrait exprimer par exemple le vague plan de devenir avocat pour aider les pauvres ou un magnat de l’immobilier. Un prisonnier, pas particulièrement cultivé a réussi a déposer le titre d’un livre qu’il prévoyait d’écrire à propos de lui-même, comptant à l’avance la fortune que son futur best-seller lui rapporterait.

Gardez à l’esprit que le psychopathe est dans l’incomplétude la plus prononcée.

De fait, sa volonté de compenser un vide est permanente, et ce, par tous les moyens humains (dont vous si vous êtes en relation avec un ou une psychopathe), matériels (il lui faudra des choses de marque, habillement, voiture, meubles, reconnaissables par tous) ou financiers possibles.

Et oui, vous n’êtes qu’un simple moyen destiné à son plaisir, un objet avec lequel il peut jouer comme et quand il le souhaite.

Manque de remords et de culpabilité

Les psychopathes montrent un stupéfiant manque de préoccupation concernant l’effet que leurs actions ont sur les autres, peu importe l’importance de leur effet dévastateur. Ils peuvent paraître complètement francs sur le sujet, déclarant calmement qu’ils n’ont pas le sens de la culpabilité, ne sont pas désolés pour la douleur infligée et qu’ils n’ont aucune raison de se sentir concernés.

Quand j’ai demandé s’il regrettait d’avoir poignardé sa victime, qui a passé du temps à l’hôpital suite à ses blessures, un de nos sujets répondit : « Arrêtez de délirer ! Il passe quelques mois à l’hôpital et je pourris ici. Si j’avais voulu le tuer, je lui aurais tranché la gorge. C’est le genre de mec que je suis ; j’ai été sympa avec lui. »

Leur manque de remords ou de culpabilité est associé à une remarquable capacité à rationaliser leur comportement, à ignorer leur responsabilité personnelle pour les actions qui choquent et déçoivent leur famille, leurs amis et d’autres personnes. Ils ont habituellement des excuses toutes prêtes pour justifier leur comportement, et dans certains cas nient tout en bloc.

Manque d’empathie

Beaucoup des caractéristiques rencontrées chez les psychopathes sont associées de près à un profond manque d’empathie et l’incapacité à construire un « facsimilé » mental et émotionnel d’une autre personne.

Ils semblent complètement incapables « d’entrer dans la peau » des autres, sauf de manière purement intellectuelle.

Ils sont complètement indifférents aux droits et aux souffrances, tant de leur famille que d’étrangers. S’ils maintiennent des liens, c’est seulement parce qu‘ils voient les membres de leur famille comme des possessions et qu’ils peuvent lui apporter une aide, à un moment ou à un autre.

Trompeur et manipulateur

Avec leur capacité d’imagination et imbus de leur personne, les psychopathes paraissent imperturbables à la possibilité – ou même la certitude – d’être démasqués. Quand ils sont pris en flagrant délit de mensonge, ou qu’on leur oppose la vérité, ils paraissent à peine perplexes ou embarrassés ; ils changent simplement leur histoire ou tentent de remanier les faits pour qu’ils apparaissent consistants avec leur mensonge. Le résultat est une série de déclarations contradictoires et un interlocuteur complètement confus.

Et les psychopathes semblent fiers de leur capacité à mentir. Ils cultivent ce qu’ils pensent être un point fort de leur personnalité jusqu’à ce que la vérité vraie sorte. Et là, s’ils n’ont plus de ressources à vous envoyer au visage, ils essaieront de retourner la situation à leur avantage. Ils ont toujours raisons…. et veulent toujours avoir le dernier mot.

Dès les premiers échanges, gardez à l’esprit que leur qualité d’écoute n’est pas le reflet de l’intérêt qu’il vous porte, mais bien une façon de constituer un dossier lui permettant de vous faire penser qu’enfin, vous avez trouvé la personne de votre vie (relation sentimentale). D’ailleurs, il se plait à dire que vous êtes l’homme (ou la femme) de sa vie, que jamais au grand jamais il (ou elle) n’avait rencontré une personne aussi formidable que vous (propos qu’il a tenu à toutes se relations, soyez-en certain).

Dans un second temps, vos confidences vous serons rappelées pour vous faire montre de vos faiblesses, de vos imperfections, bref, que vous êtes bien inférieur à l’être incroyable et supérieur qu’il pense être !

Émotions peu profondes

Les psychopathes semblent souffrir d’un genre de pauvreté émotionnelle qui limite la portée et la profondeur de leurs émotions. À certains moments, ils paraissent être froid et insensibles mais néanmoins parfois, sujets à de dramatiques, peu profondes et courtes manifestations émotionnelles. Nous pouvons les comparer à des animaux à sang froid.

L’observateur attentif a l’impression d’assister à un jeu d’acteur et qu’il ne se passe pas grand-chose sous la surface.

Les rassemblements d’amis ou de collègues leur permettra de jouer la pièce dont ils sont l’acteur principal. C’en est presque comique et tellement décalé. Dans le cas où une forte personnalité prends le leadership de la réunion, ils quittent souvent la salle pour cause de mal de tête soudain…!

Un psychopathe a dit lors de nos recherches qu’il ne comprenait pas vraiment ce que signifiait la peur. « Quand je braque une banque, » dit-il, « je remarque que le guichetier tremble. Il y en a une qui a vomi partout sur l’argent. Elle devait être méchamment dérangée à l’intérieur, mais je ne sais pas pourquoi. Si l’on me pointait une arme dessus, j’imagine que j’aurais peur, mais je ne vomirais pas. »

Impulsif

Il est improbable que les psychopathes passent beaucoup de temps à peser les pour et les contre d’un plan d’action ou évaluer les conséquences possibles. « Je l’ai fait parce que j’en avais envie » est une réponse fréquente. Ces actes impulsifs résultent souvent d’un but qui joue un rôle central dans le comportement de la majorité des psychopathes : obtenir une satisfaction immédiate, un plaisir, ou un soulagement.

Conséquemment, les membres de la famille, les connaissances, employeurs et collègues se retrouvent typiquement à se demander ce qui vient de se passer ; des emplois sont quittés, des relations brisées, des projets modifiés, des maisons saccagées, des gens blessés, souvent à cause de ce qui parait être à peine un caprice. Le mari d’une psychopathe que j’ai étudié l’a exprimé ainsi : « Elle s’est levée, a quitté la table, et je ne l’ai plus revue pendant deux mois. »

Faible contrôle comportemental

En plus d’être impulsifs, les psychopathes sont hautement réactifs aux insultes perçues ou aux affronts. La plupart d’entre nous avons de puissants contrôles inhibiteurs sur notre comportement ; même si nous voulions répondre agressivement, nous sommes habituellement capables de « garder le couvercle sur la marmite. » Chez les psychopathes, ces contrôles inhibiteurs sont faibles, et la plus faible provocation est suffisante pour qu’ils soient dépassés.

En conséquence, les psychopathes sont colériques ou impétueux et ont tendance à répondre à la frustration, l’échec, la discipline et les critiques avec une violence soudaine, des menaces ou des insultes. Mais leurs explosions, aussi extrêmes qu’elles puissent être sont souvent brêves, et ils retrouvent rapidement la même attitude que s’il ne s’était rien passé.

Par exemple, un prisonnier dans la file d’attente pour le diner fut heurté accidentellement par un autre prisonnier, qu’il frappa jusqu’à l’inconscience. L’attaquant reprit sa place dans la file comme si de rien n’était. Malgré le fait qu’il encourait une période de confinement en réponse à l’infraction, son seul commentaire, quand on lui demanda de s’expliquer, fut : « J’étais énervé. Il a envahi mon espace vital. J’ai fait ce que j’avais à faire. »

Bien que les psychopathes aient « la détente sensible, » leurs démonstrations agressives sont « froides »; ils leur manquent l’excitation intense vécue par les autres quand ils perdent leur calme.

Besoin d’excitation, de sensations fortes

Les psychopathes ont un besoin incessant d’excitation ; ils brûlent de vivre à cent à l’heure, ou sur la brèche, là où l’action se trouve. Dans beaucoup de cas, l’action implique de violer les règles.

Beaucoup de psychopathes confessent « commettre des crimes » pour l’excitation ou les frissons. Quand on lui demanda si elle avait déjà fait des choses dangereuses juste « pour le plaisir », une de nos sujets répondit: « Ouais, beaucoup de choses. Mais ce que je trouve le plus excitant c’est de traverser un aéroport avec de la drogue. Mon Dieu ! Quel pied ! »

La contrepartie de ce besoin de sensations fortes est l’incapacité à supporter la routine ou la monotonie. Les psychopathes s’ennuient fréquemment et sont peu susceptibles de s’engager dans des activités qui soient monotones, répétitives, ou demandent une concentration intense sur de longues périodes.

Manque de responsabilité

Le devoir et l’engagement ne représentent rien pour les psychopathes. Leurs bonnes intentions : « Je ne te tromperai plus jamais », sont des promesses écrites sur du vent. Mieux ! Ils préviennent souvent leur interlocuteur: « c’est ton choix, ta responsabilité« , se disculpant déjà avant toute décision.

Des histoires terribles de crédits, par exemple, révèlent des dettes prises à la légère, des prêts non remboursés, de vides promesses de contribuer financièrement à la vie d’un enfant. Leur performance au travail est erratique, avec des absences fréquentes, l’usage illicite des ressources de l’entreprise, des violations des politiques d’entreprise, et un manque de fiabilité général.

Les engagements formels ou implicites envers des gens, des sociétés, ou des principes ne sont pas honorés.

La perspective des risques ou désagréments encourus par les autres en conséquence de leurs actions ne dissuade en rien les psychopathes. Un prisonnier âgé de 25 ans que nous avons étudié avait reçu plus de 20 condamnations pour conduite dangereuse, conduite en état d’ivresse, pour avoir quitté le site d’un accident dans lequel il était impliqué, pour conduite sans permis, et négligence criminelle ayant conduit à un décès. Quand on lui demanda s’il continuerait à conduire après sa sortie de prison, il répondit : « Pourquoi pas? Bien sûr, je conduis vite, mais je le fais bien. Il faut être deux pour avoir un accident. »

Problèmes comportementaux précoces

La plupart des psychopathes commencent à montrer des signes sérieux de problèmes comportementaux à un âge précoce. Cela peut inclure des mensonges répétés, des tricheries, des vols, des incendies volontaires, de l’absentéisme, l’usage de drogues, des actes de vandalisme, et/ou des comportements sexuels précoces.

Parce que beaucoup d’enfants présentent certains de ces comportements à un moment ou un autre – spécialement chez des enfants élevés dans des voisinages violents ou dans des familles perturbées ou abusives – il est important d’insister sur le fait que l’historique de tels comportements chez un psychopathe est beaucoup plus étendu et sérieux que chez la majorité des enfants, même comparé avec celui de frères et soeurs ou amis élevés dans des conditions similaires.

Un sujet, emprisonné pour escroquerie, nous raconta comment, dans son enfance, il passait un noeud coulant autour du cou d’un chat, attachait l’autre extrémité de la corde au sommet d’un poteau et frappait le chat avec une raquette de tennis pour le faire tourner autour du poteau. Bien que tous les psychopathes adultes n’aient pas montré ce degré de cruauté dans leur jeunesse, pratiquement tous se mettaient souvent dans des situations difficiles.

Comportement antisocial à l’âge adulte

Les psychopathes voient les règles et attentes de la société comme des entraves gênantes et inconvénientes envers leurs expressions comportementales. Ils créent leurs propres règles, aussi bien en tant qu’enfants qu’en tant qu’adultes.

Beaucoup des actes antisociaux des psychopathes entraînent des inculpations criminelles et des condamnations. Même dans la population criminelle, les psychopathes sortent du lot, en grande partie parce que les activités antisociales et illégales des psychopathes sont plus variées et fréquentes que ne le sont celles des autres criminels. Les psychopathes tendent à n’avoir aucune affinité, ou préférence spéciale pour un type de crime particulier, mais ont tendance à tout essayer.

Cependant, tous les psychopathes ne finissent pas en prison. Beaucoup des choses qu’ils font échappent à toute détection ou inculpation, ou sont « à la limite de la légalité ». Pour eux, un comportement antisocial peut consister en la vente de fausses actions, des pratiques commerciales contestables, la maltraitance d’une épouse et/ou d’enfants, etc… Beaucoup d’autres font des choses qui, bien que pas nécessairement illégales, sont néanmoins contraire à l’éthique, immorales, blessantes pour les autres: des flirts ou tromper leur épouse, par exemple.

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Origines

Penser à la psychopathie nous conduit très rapidement à une seule question fondamentale : pourquoi certaines personnes sont-elles comme cela ?

Malheureusement, les forces qui produisent un psychopathe sont encore obscures, une admission que ceux qui cherchent des réponses nettes trouveront insatisfaisante. Néanmoins, il y a plusieurs théories rudimentaires concernant la cause de la psychopathie qui valent la peine qu’on les examine. À une extrémité du spectre se trouvent les théories qui voient la psychopathie comme étant largement le produit de facteurs génétiques ou biologiques (inné), alors que des théories à l’opposé du spectre postulent que la psychopathie résulte entièrement d’un environnement social défaillant dans l’enfance précoce (acquis).

La position que je préfère est que la psychopathie résulte d’un jeu complexe – et mal compris – entre des facteurs biologiques et des forces sociales. Elle est basée sur des indices qui donnent à penser que des facteurs génétiques contribuent aux bases biologiques des fonctions cérébrales et à la structure basique de la personnalité, qui à son tour influence la façon dont un individu répond à, et interagit avec les expériences vécues et l’environnement social. En effet, les éléments centraux nécessaires au développement de la psychopathie – incluant une incapacité profonde à ressentir de l’empathie et la gamme complète des émotions, peur incluse – sont en partie fournis par la nature et potentiellement par une influence biologique inconnue sur le foetus et le nouveau-né. Comme résultat, la capacité de développer des contrôles internes, une conscience, et une capacité à établir des « liens » émotionnels est grandement réduite.

Quelque chose peut-il être fait ?

Dans leur quête désespérée de solutions, les gens piégés dans une relation destructrice et apparemment sans espoir avec un psychopathe entendent souvent : arrêtez de tolérer son comportement et envoyez-le en thérapie. Une hypothèse de base de la psychothérapie est que le patient a besoin et veut de l’aide pour se sortir de douloureux problèmes psychologiques ou émotionnels. Une thérapie couronnée de succès requiert aussi que le patient participe activement, avec le thérapeute, à la recherche du soulagement de son ou ses symptômes. En résumé, le patient doit reconnaître qu’il y a un problème et doit vouloir le résoudre.

Mais voici le noeud du problème :les psychopathes ne ressentent pas de problèmes psychologiques ou émotionnels, et ils ne voient pas de raison de changer leur comportement et de se conformer à des standards sociaux avec lesquels ils ne sont pas en accord.

Donc, en dépit de plus d’un siècle d’études cliniques et plusieurs décennies de recherche, le mystère du psychopathe reste entier. Des développements récents nous ont fourni de nouveaux indices sur la nature de ce trouble inquiétant, et ses frontières se définissent de mieux en mieux. Mais comparée à d’autres désordres cliniques majeurs, peu de recherches ont été consacrées à la psychopathie, même si elle est responsable de plus de problèmes sociaux et de détresse que tous les autres désordres psychiatriques cumulés.

Alors, plutôt que d’essayer de ramasser les morceaux après que les dégâts aient été faits, il serait beaucoup plus sensé d’accroître nos efforts pour comprendre ce troublant désordre et de chercher des interventions précoces efficaces. Les alternatives sont de continuer à consacrer des ressources massives à l’inculpation, l’incarcération, et la surveillance des psychopathes après qu’ils aient commis des délits contre la société et de continuer d’ignorer la souffrance de leurs victimes. Nous devons apprendre comment les sociabiliser, et non les re-sociabiliser. Et ceci demandera des efforts sérieux de recherche et d’intervention précoce. Il est impératif de continuer la quête des indices.

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Un manuel de survie

Bien que personne ne soit complètement immunisé contre les machinations sournoises des psychopathes, il y a des choses que vous pouvez faire pour réduire votre vulnérabilité. Gardez à l’esprit que le psychopathe ne changera jamais car il pense intrinsèquement que ce sont les autres qui ne sont pas à la hauteur ou à leur niveau, et qu’ils sont les seuls à tout connaitre de la vie.

Sachez à quoi vous avez affaire

Cela semble facile, mais peut en fait être très difficile. Toutes les lectures du monde ne peuvent vous immuniser contre les effets dévastateurs des psychopathes. Tout le monde, experts inclus, peut se faire surprendre, arnaquer, et se retrouver étourdis par eux. Un bon psychopathe peut jouer un concerto sur les cordes émotionnelles de n’importe qui. La flatterie permanente, les cadeaux importants très tôt sont autant de signes qui doivent vous alerter pour ne pas entrer dans leur jeu.

Essayez de ne pas être influencé par les « accessoires »

Il n’est pas facile de voir derrière le sourire de gagnant, le langage corporel captivant, les rafales de mots du psychopathe typique, tout ceci nous rend aveugle à ses intentions réelles. Beaucoup de gens trouvent difficile de gérer l’intense « état prédateur » du psychopathe. Le regard profond est plus un prélude à la satisfaction personnelle et un exercice de pouvoir qu’un simple intérêt ou un sentiment d’empathie

Ne portez pas d’oeillères

Abordez les relations nouvelles avec les yeux grand ouverts. Comme le reste d’entre nous, la plupart des artistes psychopathes de la duperie et les « voleurs d’amour » cachent initialement leur côté sombre en mettant en avant leurs aspects les plus attirants. Des fissures peuvent rapidement apparaître dans le masque qu’ils portent mais une fois pris dans leur toile, il sera difficile de s’échapper financièrement et émotionnellement indemne.

Conservez votre garde levée dans les situations à haut risque

Certaines situations sont taillées sur mesures pour les psychopathes : les bars de célibataires, les croisières en bateau, les aéroports étrangers, etc. Dans tous les cas, la victime potentielle est seule, cherche à passer un bon moment, des sensations fortes, ou de la compagnie, et il y aura habituellement quelqu’un prêt à rendre ce service, mais à un prix non annoncé.

Connaissez-vous vous-même

Les psychopathes sont doués pour détecter et exploiter sans pitié vos points faibles. Votre meilleure défense est de comprendre quels sont ces points faibles, et d’être extrêmement vigilant si quelqu’un les a en ligne de mire. Malheureusement, même les précautions les plus poussées ne garantissent pas que vous échapperiez à un psychopathe déterminé. Dans ces cas-là, tout ce que vous pouvez faire est de tenter d’exercer une sorte de « minimisation des dégâts ».

Ne vous blâmez pas vous-même

Quelques soient les raisons qui vous ont amenées à vous engager avec un psychopathe, il est important que vous ne vous vous en vouliez pas pour son attitude ou son comportement. Les psychopathes jouent avec les mêmes règles – leurs propres règles – avec tout le monde (ses propres enfants, ses parents, ses collègues et ses amis).

Soyez conscient de qui est la victime

Les psychopathes donnent souvent l’impression que c’est eux qui souffrent et que ce sont les victimes qui sont responsables de leur propre souffrance. Ne gâchez pas votre compassion pour eux.

Prenez conscience que vous n’êtes pas seul

La plupart des psychopathes ont beaucoup de victimes. Il est certain qu’un psychopathe qui vous cause du tout en cause aussi à d’autres en même temps.

Soyez prudent avec les luttes de pouvoir

Gardez à l’esprit que les psychopathes ont un fort besoin de contrôle psychologique et physique sur les autres. Ceci ne veut pas dire que vous ne devriez pas défendre vos droits, mais il sera probablement difficile de le faire sans risquer de sérieux traumatismes émotionnels ou physiques.

Posez des limites fermes

Même si les luttes de pouvoir avec un psychopathe sont risquées, vous pourriez être en mesure de mettre en place des règles précises – aussi bien pour vous que pour le psychopathe – pour rendre votre vie plus facile et commencer la difficile transition de l’état de victime à celui de personne faisant attention à elle-même.

N’attendez pas de changements significatifs

Dans une large mesure, la personnalité des psychopathes est « gravée dans la pierre ». Il est peu probable que quoi que ce soit que vous fassiez ne produise de changement fondamental et persistant dans la manière dont ils se perçoivent et dont ils perçoivent les autres.

Minimisez les pertes

La plupart des victimes de psychopathes finissent par se sentir confuses et désespérées, et convaincues qu’elles sont largement à blâmer pour la situation. Plus vous tombez dans le panneau, plus le psychopathe tirera avantage de vous pour étancher sa soif insatiable de pouvoir et de contrôle.

Si ces techniques ne fonctionnent pas, il vous reste à préparer progressivement la fin de cette relation amicale, professionnelle ou de couple.

Car ce sera la seule solution pour vous préserver dans le temps, même si sur le moment, la situation sera difficile à vivre.

Et si ce sociopathe vous recontacte, ne répondez pas, car sa seule motivation est de se féliciter du fait qu’il peut encore jouer avec vous !

Ne devenez pas son complice en acceptant ses agissements.

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Merci pour tous vos témoignages qui ont été très riches malgré vos douleurs. Ce post est le fruit de vos retours d’expérience.

Gardez en tête que la douleur est toujours temporaire.

 

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