« Comment le perfectionnisme a détruit ma vie »​

L’incroyable témoignage de James Nolan (le 2 Juillet 2014)

« Quand on demande au candidat son plus grand défaut lors d’un entretien d’embauche, la réponse est presque toujours la même : « Je dirais que mon problème, c’est que je suis un peu trop perfectionniste ».

L’effet recherché est simple : même si ce perfectionnisme peut parfois être perçu négativement, il s’agit avant tout de se présenter comme quelqu’un qui fait du bon boulot.

En d’autres termes, cette faiblesse n’en est pas une ; c’est une force.

Ce que le candidat ne sait pas, c’est qu’il se fait une idée complètement fausse de ce qu’est le perfectionnisme.

S’il était vraiment perfectionniste, il aurait sans doute préféré se mettre nu devant son futur employeur plutôt que d’admettre qu’il en souffrait.

J’ai 27 ans désormais, et quand je réfléchis à ce qu’est devenue ma vie, je me rends compte qu’il ne me reste plus rien, et que c’est la faute de mon perfectionnisme.

Je suis une coquille vide, qui poursuit une existence qui ne semble plus tout à fait être la sienne.

J’écris cet article dans l’espoir d’expliquer – et, qui sait, d’exorciser – toutes ces années perdues.

En 1978, le psychologue Don Hamachek expliquait qu’il existe deux types de perfectionnistes : les normaux, et les névrosés. Le perfectionniste normal est exigeant avec lui-même et se fixe des objectifs élevés, mais il ne les laisse pas affecter son bien-être. Il retire simplement du plaisir à bien faire ce qu’il fait. Le névrosé est malheureux : son bonheur est lié directement au fait de réussir, ou non, à atteindre ses objectifs. Par conséquent, il se retrouve fréquemment à procrastiner par peur de l’échec.

Près de 30% de la population serait perfectionniste, mais une étude de 1999 montrait que 87% des gens considérés comme « doués » l’étaient.

Cependant, seulement 30% de ces perfectionnistes « doués » étaient des perfectionnistes névrosés.

Même si elle s’apparente aux troubles obsessionnels compulsifs, la névrose perfectionniste n’est pas un TOC à proprement parler.

Une personne souffrant de TOC sait que le comportement qu’elle s’obstine à faire, par obsession, est « mauvais » et irrationnel.

Le perfectionniste névrosé pense le contraire : il croit que la souffrance qu’il s’inflige est un moyen d’atteindre des objectifs plus élevés.

Comme vous pouvez vous en douter, je suis un perfectionniste névrosé.

Je suis également écrivain, et ces derniers temps j’en suis arrivé au point où je réécris sans cesse la même phrase.

J’espère à chaque fois pouvoir l’améliorer, et j’y parviens en général, mais combien de temps est-il raisonnable de passer sur une seule et unique phrase ?

30 secondes, deux minutes, une heure ?

Certainement pas deux jours, en tout cas.

Quand je suis dans cet état, j’ai beau savoir au fond de moi qu’une phrase n’est qu’un groupe de mots et d’informations, je la perçois comme un amas informe que je dois sculpter, façonner jusqu’à lui faire atteindre la perfection, sous peine de me sentir humilié.

Il n’est pas raisonnable d’espérer sérieusement obtenir un succès littéraire à 27 ans. Certes, il existe des exemples de réussite précoce – Bret Easton Ellis a publié Moins que Zéro à 21 ans – mais il est normal qu’à mon âge, je doive me battre, à la fois pour subsister et pour écrire le plus esthétiquement possible.

Je dis « se battre », parce qu’il s’agit vraiment, selon moi, d’un combat.

Lorsqu’on cherche à écrire sur la vie humaine, la douleur est un ingrédient dont on ne peut se priver.

Mais j’ai tout de même commencé récemment à me demander si j’en faisais trop avec cette notion de combat, ou si je ne me battais pas contre des chimères.

Je passe des jours entiers sur des phrases, afin de les rendre plus directes, plus frappantes, mais qu’en est-il de la narration, des idées ?

Je me suis peu à peu mis en tête que j’aurais plus de succès si je faisais un effort pour mieux tolérer l’idée d’échec.

De nombreuses études – en particulier celles des psychologues – Paul Hewitt et Gordon Flett ont mis en évidence un lien entre le perfectionnisme et d’autres troubles mentaux comme la dépression, l’anxiété, la toxicomanie, et les tendances suicidaires.

D’autres études ont aussi trouvé des liens avec des troubles physiques.

Les perfectionnistes vont plus souvent chez le médecin pour cette raison.

Passés 65 ans, ils ont 51% de chances de plus de mourir avant leurs 71 ans que le reste de la population, en raison de leur stress élevé.

Le perfectionnisme affecte ma vie dans tous ses aspects, et pas seulement l’écriture.

Il s’agit d’un état d’esprit qui consiste à penser à tout instant : « Quels que soient les échecs que tu as pu connaître par le passé, tu peux te rattraper en étant parfait à partir de maintenant ».

J’ai été gros pendant mon enfance ; du coup, je mange excessivement lentement car c’est un moyen de repousser la figure de mon autre moi, le vrai, qui est impulsif.

Toutes les erreurs que je fais deviennent une part de moi-même, d’où mon malheur ; surtout, je n’apprends jamais rien de ces erreurs car je considère que revenir sur le passé est une perte de temps.

Pourquoi analyser un échec quand il suffit de fermer les yeux, compter jusqu’à dix, et prétendre qu’il n’a jamais eu lieu ?

Parce que c’est ce que je fais : trois ou quatre fois par jours, je vais dans la salle de bain, et je compte pour m’empêcher de penser.

Plus je compte, et plus je respire calmement ; je me concentre sur mon souffle, et quand j’arrive à dix, je me force à penser que tout va parfaitement.

Tout est parfait.

Les phrases sont écrites convenablement, il n’y a pas de sachets de chips vides sur mon lit. Je fais le vide.

Mais la vie finit inévitablement par remplir ce vide, et lorsque je me rends compte que le passé que j’ai tenté d’évacuer est toujours là, je cherche seulement à maintenir l’illusion dans laquelle je vis. Je me persuade que j’ai assez de volonté pour refouler mes angoisses.

Mais cette volonté finit toujours par vaciller, et je me retrouve forcé de constater que l’échec que je fuis est à l’image de moi-même, à l’image de l’échec qu’est ma vie ; que je suis fait de chair et d’os, et que je ne suis en aucun cas quelqu’un d’exceptionnel.

Les perfectionnistes souffrent également de troubles relationnels : avec leurs enfants, leurs proches, leurs conjoints.

Je n’y échappe pas.

Ma petite amie doit non seulement vivre avec ma colère, née de mes échecs, mais également avec l’exigence que je lui impose comme à moi-même.

Ce qui est injuste, étant donné que contrairement à moi, elle réussit dans ce qu’elle fait. Je lui dis de travailler plus dur et de faire attention à comment elle mange parce que je veux que le monde qui m’entoure soit aussi parfait que j’aimerais l’être.

Je la critique constamment, mais elle est comme elle est, le monde est comme il est, et je suis idiot de vouloir quelque chose de différent alors que ce que j’ai est déjà merveilleux.

Cet état d’esprit m’a fait perdre des amis.

Au cours des dernières années, j’ai coupé les ponts avec des gens pour la simple raison que j’étais obsédé par leurs défauts.

Je m’en servais pour m’absoudre de toute responsabilité à leur égard, pour ne pas avoir à les aider.

Il était impossible de maintenir l’illusion de ma perfection quand j’étais avec eux, car ils me renvoyaient constamment à mes défauts et aux leurs.

J’ai passé ma vie à fuir. Je n’ai jamais pensé à affronter mes problèmes.

Le meilleur exemple de cette attitude, c’est que j’ai arrêté l’école à 15 ans.

On s’y moquait de moi, même si ça n’explique pas tout.

J’étais un ado sensible, j’avais du mal à gérer mes émotions et je n’assumais pas de n’être que quelqu’un de banal, ni d’être en surpoids.

Jusqu’à mes 13 ans, j’étais premier de la classe, mais je n’arrivais plus à maintenir ce niveau.

En plus de ça, j’avais le sentiment de ne pas être soutenu, que ce soit par mes professeurs ou par mes parents.

J’avais besoin qu’ils admettent que c’était leur faute si j’étais comme ça, parce qu’ils m’avaient transmis leur complexe d’infériorité et la peur des émotions.

J’étais profondément déprimé et ils ne faisaient rien pour m’aider parce que leurs propres échecs les obsédaient plus que mon sort.

J’ai donc fui les autres élèves qui se moquaient de moi – même s’ils ne s’acharnaient pas non plus pour autant – j’ai fui les professeurs qui m’accablaient – même s’ils ne le faisaient pas intentionnellement – et je me suis fui moi-même.

J’étais juste un élève médiocre qui vomissait pendant les cours d’EPS, et même si je n’étais la cible des moqueries qu’occasionnellement, je n’avais clairement pas le rôle auquel j’espérais prétendre.

Il paraît évident que ce que je suis devenu – un perfectionniste et un écrivain – est le résultat de ce passé, de ce que j’ai vécu et de l’attitude de mes parents.

Je me dis la même chose tous les jours : qu’il faut y croire, qu’il faut entretenir cet espoir que je peux, même au prix de beaucoup de souffrance, m’élever au-dessus de la condition à laquelle mes parents me pensaient promis.

Mais si j’y croyais encore, est-ce que j’écrirais ceci ?

Est-ce que je me sentirais comme je me sens en ce moment : détruit et désespéré ; à tel point que j’en viens à admettre que j’ai peut-être de besoin de réévaluer mes priorités et de renoncer à la perfection pour privilégier une forme de bonheur ?

Le simple fait de dire ce mot me pose problème.

Le bonheur est un mot réservé aux faibles, aux gourous et aux gens qui postent des selfies sur Facebook.

Je ne l’ai que rarement prononcé, à part pour me dire que je l’atteindrai le jour où je serai parfait.

Mais je commence à me rendre compte que si je ne change pas, les choses ne feront qu’empirer.

Je deviendrai de plus en plus lent, de plus en plus en colère.

Je me suis fui toute ma vie ; peut-être qu’il est temps de m’affronter, moi, mon vrai moi, quelles qu’en soient les conséquences.

J’écrirai des lignes imparfaites, et alors ?

Mes phrases seront moins frappantes, moins directes, je paraîtrai sans doute plus ridicule et vulnérable que ce que j’aimerais être, mais qu’est-ce que ça peut bien faire.

Je mangerai normalement, et peut-être que je prendrai du poids, et peut-être que je redeviendrai gros, mais c’est peut-être le prix à payer pour que j’accepte enfin mes imperfections, et que j’apprenne de mes défauts et de mes échecs pour pouvoir aller de l’avant – vers le succès, vers le bonheur.

Le perfectionnisme se soigne en suivant une thérapie comportementale, qui consiste à trouver les pensées et les actions qui sont à l’origine du problème afin de les éradiquer.

Ceci suppose que le patient soit capable de supporter l’anxiété que cela génère en lui de faire face à ses défauts et de les accepter peu à peu.

J’imagine que cet article est ma première étape dans cette voie, celle qui me mènera peut-être chez un thérapeute un jour, quand j’en aurai le courage.

Cependant, même si j’espère que cet article m’aidera à changer, qui dit que ma volonté d’être imparfait sera un jour plus plus forte que ma volonté d’être parfait ?

Alors que j’écris ces lignes, je n’ai qu’une crainte : celle de craquer, de tout reprendre, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien.

C’est bête à dire, mais seul l’avenir me dira si ça a marché.

Ça aussi, il faut que je l’accepte : certaines choses sont impossibles à prédire.

Il faut le comprendre pour avoir la force d’envoyer ce texte tel qu’il est, avec l’espoir que quelqu’un, quelque part, l’appréciera. »

Manager Performant V1

Débordez « raisonnablement » d’enthousiasme

L’enthousiasme est habituellement appréhendé comme une vive émotion qui nous meut presque malgré nous.

Attisée par la passion, elle nous pousse à nous dépasser, à nous engouffrer sur des voies inconnues que nous n’aurions osé emprunter d’ordinaire.

Et au bout du chemin, elle constitue souvent l’ingrédient secret qui fait la réussite des plus grands projets.

S’il est vrai que l’enthousiasme nous donne de l’énergie, de la motivation, n’oublions pas aussi qu’il a les défauts des émotions.

Comme toute émotion, pousser l’enthousiasme à l’excès peut altérer gravement notre jugement au point de nous aveugler.

C’est ainsi que les arnaqueurs de tout poil arrivent à berner des hommes pourtant réputés intelligents en leur faisant voir monts et merveille, ou qu’un démagogue avisé a le pouvoir de déchaîner les foules.

Que faire alors pour conserver ce formidable moteur de changement que constitue l’enthousiasme tout en gardant les pieds sur terre?

C’est la question à laquelle nous allons tenter de répondre en étudiant le concept d’enthousiasme raisonnable

L’enthousiasme raisonnable, c’est quoi ?

L’enthousiasme raisonnable consiste à éprouver une joie constante dans l’accomplissement de nos tâches tout en gardant la présence d’esprit nécessaire à un comportement rationnel.

C’est un équilibre subtil de motivation qui nous tire de l’apathie sans pour autant que nous foncions tête baissée sans réfléchir ou que l’on parte dans toutes les directions.

En cela, la concentration sera un atout de poids pour faire la part des choses et éviter de tergiverser dans de petits élans d’ardeur futiles.

Pour que ce sentiment de joie reste constructif, il faudra le focaliser sur la tâche elle-même plus que sur le résultat.

En somme, nous devons ressentir la joie du moment présent et non pas anticiper le succès de notre travail.

A défaut, nous serions exposés à de cuisantes déceptions lors d’éventuels échecs.

A terme, l’enthousiasme raisonnable contribue grandement au bonheur.

Il a notamment le pouvoir de nous projeter plus souvent dans l’état de flow, ce fameux état de productivité optimale où l’on est complètement absorbé par nos tâches et où les heures défilent comme des minutes.

Désamorcez les poisons de l’esprit

Avant d’entreprendre toute action, il sera bon de reconnaître la source de notre motivation : sommes-nous poussés par un sentiment noble d’amour altruiste ou bien par la haine ou l’avidité ?

Il faut bien voir que la haine et l’avidité sont deux sentiments qui déforment la réalité.

Le premier amplifie les défauts de son objet et ignore ses qualités.

A l’opposé, l’avidité nous fait percevoir son objet comme désirable à tout point de vue et en ignore les défauts.

Nous devrons donc réduire ces biais si nous voulons avoir une vision rationnelle des choses.

Il est naturel de désirer.

Le désir est une force qui joue un rôle essentiel dans la réalisation de nos aspirations.

Mais lorsque le désir cesse de nous inspirer et se met à nous consumer, il devient un fardeau.

Pour nous libérer du désir et de l’avidité, nous pouvons appliquer quelques remèdes tels que se calmer grâce à la respiration profonde, ressentir la joie du moment présent, ou méditer sur les aspects moins attrayant de l’objet du désir.

La haine quant à elle, et la colère égocentrique qui l’accompagne, se manifestent lorsque quelqu’un fait obstacle à nos exigences.

On essaye alors de l’écarter sans considération pour son bien être.

L’animosité qui découle de ce sentiment nous donne l’illusion que la source de notre insatisfaction réside entièrement à l’extérieur de nous même, alors qu’en réalité, tout se passe dans notre esprit.

Pour contrecarrer la haine, nous devons accepter que quelqu’un qui s’est comporté avec malveillance n’est lui-même que la victime de ses propres démons.

Il n’en mérite donc pas moins notre considération et notre respect.

Provoquez l’enthousiasme

Quand on manque d’enthousiasme, c’est habituellement parce que nous sommes trop paresseux.

La paresse peut prendre trois formes :

  • La répugnance à l’effort : elle est dû en général à un manque de passion. On est en quelque sorte blasé et on aime se contenter de notre situation actuelle. Il est bon alors de se rappeler de la valeur de l’existence humaine et surtout de la brièveté de la vie. Contempler toutes les belles choses qui s’offrent à nous sera l’occasion d’alimenter notre inspiration et par là même de raviver notre enthousiasme à réaliser nous même de belles choses.
  • La peur de l’échec : elle est dû à un défaut d’estime de soi. On se dit que ce que nous aimerions faire est au delà de nos capacités. On préfère donc ne pas s’engager de peur d’échouer. Nous devons à ce moment prendre conscience de notre potentiel de changement, et nous rappeler notamment que l’échec fait partie du processus normal d’apprentissage.
  • La procrastination : la procrastination consiste à dilapider son temps dans des activités insignifiantes au mépris de ce que l’on sait être le plus important. Pour y remédier, nous devons apprendre à nous focaliser sur nos priorités, et nous mettre une pression suffisante grâce à des limites de temps. Car nous savons que quoi qu’il advienne, le flot des tâches ordinaires n’aura jamais fini de s’écouler.

Evitez que la machine ne s’emballe

A l’opposé de la paresse, un excès d’enthousiasme peut se manifester de deux manière différentes : la distraction et l’effort excessif.

La distraction, tout d’abord, est le reflet d’un esprit indiscipliné et chaotique.

Prenons l’exemple de quelqu’un qui veut apprendre à conduire.

Au début, une erreur fréquente est de faire des mouvements brusques avec le volant pour compenser les erreurs de direction.

Dans le feu de l’action, on ne se rends pas compte de notre erreur.

Mais si l’on se concentre sur ce que dit le moniteur, on apprends peu à peu à regarder loin devant nous et on arrive bientôt à avancer droit sans effort.

Ainsi nous devons sans cesse rediriger notre attention sur ce que dit le moniteur afin de progresser, même si cela nous paraît contre-intuitif.

L’effort excessif quant à lui a pour racine l’impatience ou l’exaltation.

Par exemple, le conducteur débutant peut avoir des envies de vitesse, ou encore s’aventurer dans des endroits dangereux pour “apprendre plus vite”.

Pourtant, celui-ci aura intérêt à tempérer ses ardeurs s’il veut demeurer en un seul morceau !

Lorsqu’un tel sentiment s’empare de nous, il est bon d’examiner rationnellement la manifestation de cette émotion afin qu’elle perde peu à peu son emprise.

Conclusion

Nous avons vu que l’enthousiasme raisonnable est un subtil équilibre : il exige de savoir modérer les émotions toxiques qui nous animent au profit de sentiments plus nobles et de savoir réguler l’intensité de notre enthousiasme de façon à agir avec constance et lucidité.

A cette fin, le développement de notre concentration et de notre vigilance sera une compétence précieuse.

Pour la développer, rien de tel que la méditation.

A explorer également : l’écriture d’un journal personnel.

Cet outil d’introspection vous permettra à coup sûr de mieux comprendre le cheminement de vos émotions, et donc d’apprendre à mieux les contrôler.

Développez votre assertivité pour être plus performant

« L’assertivité et la confiance en soi sont dans les catalogues de tous les centres de formation. 

Quels sont les bénéfices de ces formations et à qui s’adressent-elles ? 

Des experts en développement personnel font le point.

Phénomènes de modes il y a dix ans, les formations sur l’assertivité et la confiance en soi sont devenues avec le temps des incontournables du développement personnel.

« Elles présentes dans tous les programmes tels que la gestion de conflit ou la prise de parole », confirme Sylvie Chuffart, formatrice en développement comportemental.

Cette dernière estime même qu’« elles sont un passage obligé pour tout manager qui souhaite progresser dans sa carrière ; car s’il a de bons résultats, il peut tout de même présenter des carences comportementales. »

Avoir confiance pour savoir déléguer

Les études montrent que l’estime de soi est au cœur de la performance en entreprise.

« Elle est essentielle, pour Sandra Ventureira, experte en mangement et leadership chez Demos. Les managers qui ne parviennent pas à déléguer des responsabilités à leurs collaborateurs en manquent souvent. Vous pouvez leur donner une multitude d’outils mais s’ils ne travaillent pas sur eux, ils ne feront pas confiance aux autres. »

Or, les collaborateurs ont des attentes de plus en plus fortes en matière d’autonomie dans leur fonction.

« C’est donc un élément clé de la motivation des collaborateurs mais elle se construit d’abord par la confiance en soi du manager », poursuit Sandra Ventureira.

Passer en revue ce qui est déjà maîtrisé

La plupart des professionnels qui se sous-estiment ne voient que leurs défauts en occultant leurs qualités.

« Nous les aidons en commençant par faire des choses qu’ils connaissent bien, développe Alain Duluc, responsable de l’offre de développement personnel du groupe Cegos, pour qui ces formations sont essentielles. Nous décortiquons ensemble leurs objectifs et leur montrons ce qu’ils savent déjà faire pour leur permettre de remettre le pied à l’étrier. »

De cette façon, « ils comprennent qu’ils ont aussi des forces et pas uniquement des faiblesses, ce qui fait retomber la pression qu’ils ont sur les épaules, promet Anne Benassouli, formatrice chez Elegia.

Ils ressortent gonflés à bloc, prêts à redonner un nouveau souffle à une réalité qui reste la même, en portant un autre regard. » Sandra Ventureira complète : « la formation travaille donc sur les leviers qui vont construire cette confiance en soi qui amène à faire davantage confiance aux autres et leur permet de gagner en autonomie. »

L’assertivité pour combattre le stress

L’assertivité permet de puiser en soi les ressources nécessaires pour faire face aux situations professionnelles conflictuelles.

« Et dans un contexte où il faut faire toujours plus avec moins, les managers vivent de plus en plus souvent des situations de stress et ont du mal à prendre du recul pour s’affirmer dans leur communication », observe Sylvain Deneux, consultant chez Elegia.

Ces situations de stress sont souvent causées par le fait d’avoir dit « oui » alors qu’au fond, le manager aurait souhaité dire « non ».

« Un bon non vaut mieux qu’un mauvais oui qui engendre des situations d’insatisfaction », rappelle Sylvain Deneux.

Exprimer le fond de sa pensée fait disparaître la frustration et ouvre la voie à une meilleure collaboration au sein des équipes.

Défendre sa position avec clarté

« En suivant un programme sur l’assertivité, le manager apprend à s’affirmer et à défendre clairement sa position dans tous les types de situation, sans avoir recours à l’agressivité et en étant à l’écoute de l’autre », explique Sylvain Deneux.

Alain Duluc complète : « parfois, il faut dire « non », faire une critique ou un commentaire sans rompre pour autant la relation.

Il va apprendre à doser ce qu’il va demander à ses équipes, à sa hiérarchie, à ses clients et à avoir suffisamment confiance en lui pour pouvoir délivrer son message. »

S’il est confronté à des clients, il saura alors réagir et aura un comportement plus approprié qui apaisera la relation.

Au final, le manager plus assertif sera mieux dans sa peau, plus efficace et donc plus productif.

« Et dans un service où la communication est mauvaise entre les équipes, cela lui permettra de mieux comprendre ses collègues et d’instaurer une meilleure ambiance de travail », conclut Sylvain Deneux. »

Publié par Agnès Wojciechowicz le 01/02/2016 sur Cadre Emploi

Les meilleures pistes pour rester toujours ZEN

Mains moites, jambes tremblantes, respiration saccadée, visage perlé de sueur ou yeux embués de larmes… 

Ces signes ne trompent pas.

Au bureau ou dans la vie courante, ils peuvent surgir dans les moments d’émotion particulièrement intense.

Dans un stade, sur scène, sur un tapis de sol ou sous l’eau, il est essentiel d’y faire face pour ne pas échouer.

Au prix d’un long travail, de grands champions et artistes sont parvenus à maîtriser ces sensations pour battre des records et atteindre l’excellence dans leurs disciplines respectives : yoga, tir à l’arc, aïkido, art lyrique, apnée et poker.

Tous ont développé des techniques pour améliorer leur potentiel de départ.

Comment font-ils ?

Ils nous ont confié quelques secrets qui les aident à rester zen en toutes circonstances et à être au top le jour J.

En Août 2008, Sébastien Hervieu, sur « Management« , a traité ce sujet du contrôle des émotions en nous proposant 6 pistes (parmi bien d’autres) que je vous propose de découvrir:

Le yoga pour mieux respirer

Comment ne plus se laisser emporter par des réactions primaires ?

En pratiquant le yoga, qui vise à l’harmonie du corps et de l’esprit.

«Pour ne plus être déstabilisé par les émotions, il faut s’habituer à les ressentir avec finesse», estime Patrick Tomatis, 60 ans, secrétaire général de la Fédération nationale des enseignants de yoga.

On peut ainsi retourner mentalement une perception négative : la peur de ne pas être le meilleur sera, par exemple, muée en combativité.

Afin de se sentir mieux dans sa peau, Patrick Tomatis propose de débuter par de modes tes exercices respiratoires, à pratiquer cinq à dix fois de suite.

Par exemple, la respiration haletante : une série de petites inspirations en continu, suivie d’une expiration profonde.

Ou la respiration «sanglotante» : des inspirations qu’on bloque par paliers. Autre recommandation : «Laissez-vous bâiller !»

C’est ce que le spécialiste a conseillé à un directeur de banque qui lui confiait ne bâiller que les samedis et dimanches. «Le bâillement permet de se détendre et de se recharger», rappelle Patrick Tomatis.

Autrefois sujet à des colères récurrentes, celui-ci explique que le yoga l’a aidé à se calmer. «C’est une quête de sens pour une vie faite de paix et d’équilibre», assure-t-il.

Le tir à l’arc pour rester concentré

Quatre mille cinq cents spectateurs les yeux braqués sur elle et une flèche à planter dans une cible située à plusieurs dizaines de mètres.

Bérengère Schuh, 23 ans, ne se laisse pas démonter.

Ce jour de mars 2003, aux Championnats du monde de tir à l’arc en salle, à Nîmes, elle décroche la médaille d’or.

«J’ai fait abstraction de tout ce qui m’entourait. J’étais dans ma bulle, seule ma cible comptait.»

Depuis, cette archère a encore gagné en concentration.

Avant, sur le pas de tir, elle pensait à trop de choses en même temps.

Du coup, elle décochait ses flèches lors de l’ultime minute impartie, au risque d’être victime d’une soudaine rafale de vent.

«Désormais, je me focalise sur trois points techniques importants et je gère mieux mon temps.» Colérique dans la vie, Bérengère Schuh doit encore progresser pour atteindre une parfaite sérénité.

En vue des jeux Olympiques de l’été prochain, elle travaille le «biofeedback» avec un préparateur mental.

Cette technique lui apprend à évacuer ses émotions négatives grâce à des capteurs placés sur son corps : «S’ils virent au rouge, je dois être capable de repasser au vert en trente secondes.»

Comment ?

En respirant un grand coup et en pensant à sa petite nièce lui faisant un câlin !

L’aïkido pour gérer les agressions

Adolescent, Christian Tissier avait un sacré tempérament de bagarreur : «C’est moi qui cherchais l’affrontement 70% du temps», avoue-t-il.

Une quarantaine d’années plus tard, ce professeur d’aïkido renommé (septième dan) enseigne à ses élèves les vertus de la maîtrise de soi.

«Avant de venir à mes cours, certains employés envoyaient tout balader au moindre problème au bureau, explique-t-il. Maintenant, ils prennent plus de recul.»

Art martial conjugué à un véritable art de vivre, l’aïkido apprend notamment à supprimer la crainte d’une agression.

Comment ?

En se servant de la force de l’adversaire pour se défendre.

Vêtus d’un kimono, les pratiquants travaillent plusieurs techniques d’autodéfense.

Tout est calculé pour ne pas blesser le partenaire. «Nous recherchons la pureté du geste et de l’état d’esprit», explique Christian Tissier, qui a séjourné huit ans au Japon.

Là-bas, on considère le ventre comme le siège des émotions.

Les élèves travaillent sur leur corps pour faire descendre les tensions de la journée, accumulées au niveau des épaules.

Enfin, durant chaque combat, l’attaquant devient défenseur, et inversement. «On apprend à être celui qui ne gagne pas, il y a une vraie noblesse, même dans l’échec», estime le professeur.

Le chant pour doser ses réactions

Certains poussent la chansonnette sous la douche avant de partir au travail.

Chez lui, Thomas Dolié, chanteur d’art lyrique, fait des vocalises pour se calmer quand il est énervé.

En janvier dernier, ce baryton de 27 ans a été sacré Révélation de l’année aux Victoires de la musique classique.

Sur scène, il doit affronter un paradoxe : «Quand j’interprète un air d’opéra, je m’ouvre aux émotions pour les faire vivre et toucher le public, sans pour autant me laisser déborder.»

Il y a quelques années, Thomas Dolié se sentait souvent paralysé par la peur de mal faire : «Lors des auditions, j’avais les jambes qui tremblaient, ma respiration était mauvaise et je passais à côté du rôle», raconte- t-il.

Depuis, sa confiance en lui s’est améliorée.

Mais pas seulement.

Pour bien chanter, il faut savoir respirer et utiliser au mieux son instrument de musique, c’est-à-dire son corps.

«Par des exercices, j’ai réduit les contractions musculaires qui généraient de la tension et de l’épuisement», confie l’artiste, qui dispose ainsi d’une plus grande énergie sur scène.

Pour communiquer au public les émotions de son rôle, Thomas Dolié doit aussi puiser dans son intimité : «On apprend à exprimer une partie de soi, ce qui a parfois une vertu thérapeutique.»

Notamment dans la vie quotidienne, où il se sent plus apte à faire face aux réactions agressives.

L’apnée pour maîtriser sa peur

Sous l’eau, un homme normal tient trente secondes.

Stéphane Mifsud, dix minutes !

Comment fait-il ? «Pour faire face à la pression, je travaille mon sang-froid.»

Quintuple champion mondial d’apnée, il s’est inspiré de la sophrologie afin de travailler sur l’imagerie mentale et de se concentrer sur des visions rassurantes.

«Pendant les premières minutes, je me mets dans un état de semi-hypnose, ce qui fait passer le temps plus vite.» C’est seulement au bout de quatre minutes qu’il ressent le besoin de respirer.

Le 12 juillet dernier, il est resté immergé dix minutes et quatre secondes, battant ainsi le record du monde d’apnée statique.

Certes, cet athlète de 36 ans a des aptitudes physiques exceptionnelles : dix-huit battements de coeur par minute et une capacité pulmonaire de 11 litres, soit le double de la moyenne.

Mais il reste persuadé que la psychologie joue pour 20% dans sa performance.

Même hors de l’eau, l’apnée l’aide à prendre du recul : «Avant, quand quelqu’un me provoquait, je répondais. Aujourd’hui, j’esquisse juste un sourire.»

Le poker pour se contrôler à 100%

Plus les mises sont élevées, plus les sensations sont fortes, et plus il faut savoir les masquer !

Ancien champion du monde en tête à tête, Bruno Fitoussi, 49 ans, s’est entraîné des milliers d’heures à maîtriser ses émotions.

Certains grands joueurs les dissimulent derrière des lunettes noires.

Lui préfère en jouer. «Avec des amis, nous faisions des parties sans cartes ni jetons pour travailler des attitudes», explique-t-il.

Objectif : pouvoir ensuite faire croire à ses adversaires qu’il a un jeu différent de celui qu’il tient entre les mains.

En tournoi, le président de la société de consulting VIP Gaming parle abondamment, regarde son interlocuteur dans les yeux, enlève puis remet son casque de musique. «En bluffant, on joue à simuler certaines émotions et à en dissimuler d’autres.»

Un vrai travail d’acteur. «Je fais partie des manipulateurs», admet Bruno Fitoussi. Il assure qu’il peut même faire battre sa carotide ou se faire transpirer.

Pour lui, la table de poker est une école de la vie : «Le contrôle de soi sert au contrôle des autres.» Même quand il s’agit de s’imposer face à son banquier !

Recherche intérieure, spiritualité, quête de sens… des managers !

Des managers et des dirigeants ont transformé leur approche des affaires unidimensionnelle en approche plus humaine, associant performance économique et impact social.

Ils sont capitaines d’entreprise et managers de talent.

Leurs journées se déroulent à cent à l’heure. Pression, urgence, stress sont leurs repères.

Qui sont-ils vraiment?

Que cherchent-ils au fond?

Leur business et leurs actes ont-ils du sens?

Sont-ils justes avec les autres, le monde, eux-mêmes?

Si, de temps à autre, ces questions effleurent leur esprit, elles sont balayées par l’agenda, le téléphone, un e-mail.

Et pourtant, un jour, un événement, un choc, une maladie, un deuil entraînent, presque malgré eux, ces champions de la performance dans une quête de sens sans retour.

Et les poussent à explorer de nouvelles frontières où business et recherche d’impact social ne font plus qu’un.

Françoise Bonnal, ancienne codirigeante de l’agence internationale de publicité DDB, a opéré cet étonnant virage.

Pour la femme d’affaires, tout démarre en 1994 par un groupe de développement personnel.

« Mon mari et moi étions alors en pleine crise de couple« , raconte cette « intellectuelle de gauche, pur produit de mai 68 », selon sa propre expression.

Lors de ces journées, elle vit alors une expérience inexplicable.

Dans sa tête, soudain, une voix lui chuchote cette petite phrase un peu mystérieuse:

« Et si l’esprit suivait une autre règle que la matière ? Cette interpellation d’une qualité ineffable, dans un tel moment, a ébranlé les bases de mon matérialisme, se souvient Françoise Bonnal. Ces quelques mots étaient comme le fil d’une pelote qui m’a ensuite entraînée à lire les maîtres spirituels de tous horizons, à approfondir une thérapie… Le champ des possibles s’est alors ouvert. »

Quelques mois après ce stage, un cancer, que la cadre dirigeante, qualifie d' »opportun », est diagnostiqué.

Elle se souvient: « La maladie a achevé de me persuader que je devais changer quelque chose en moi, dans ma vie, et, bien sûr, dans mon travail. »

Même sidération, même changement de perspective pour Thierry Bizot, cofondateur-directeur avec Emmanuel Chain de la société de production Elephant et Cie.

En 2004, il se retrouve, un soir de désoeuvrement, dans une réunion paroissiale de son quartier et, malgré l’éclairage blafard, les chaises en Formica et l’apparente banalité des participants, il est profondément touché.

Sa conversion, il l’a racontée quelques années plus tard dans un livre épuré, Catholique anonyme (éd. Seuil), qui engendrera ensuite un film grand public.

« Après cette « rencontre », c’est comme si j’avais eu un nouvel ami, très important, qui donnait d’autres couleurs à mon existence. »

Vie intérieure

Pour d’autres, l’émergence du sens se fait sur un rythme lent. Jeune étudiant à l’Essec, Sébastien Henry faisait déjà des retraites dans les communautés monastiques.

Dès l’âge de 28 ans, il s’est mis à méditer chaque jour, « pendant les phases de rush incluses« , se souvient le dirigeant qui a ouvert un cabinet de formation en management et en leadership, en Chine, au Japon et à Hong Kong.

Désireux de transmettre l’apport de la méditation, il a récemment publié le guide de management Quand les décideurs s’inspirent des moines (éd. Dunod, 2012).

Réussir à « construire un pont entre méditation et action a guidé tout mon parcours d’entrepreneur« , confie ce polyglotte.

Constat similaire pour Fabrice Lacroix, président-fondateur de la société Antidot, éditrice de moteurs de recherche pour entreprises, basée à Lyon.

A la fin de son adolescence, le dirigeant a rencontré l’hindouisme. « Cette spiritualité m’a porté durant toutes mes étapes d’entrepreneur. Je pars trois semaines, tous les deux ans, dans un monastère himalayen pour me ressourcer en profondeur. »

Bien loin de couper du monde actif, la foi peut encourager l’entreprise.

Voire l’inspirer. Laurent Quentin, responsable d’équipe, à France Télécom, et converti à l’islam depuis quelques années, a ainsi eu l’idée de créer une plate-forme Internet sur les restaurants hallal de la capitale.

« Ce projet est né de la nécessité de notre religion, explique-t-il. Au départ, je n’ai pas pensé à sa rentabilité. Mais il a vite été connu, et mes associés et moi-même nous sommes retrouvés entrepreneurs. Comme l’islam n’interdit pas de faire de l’argent, cela n’a pas été un problème. »

Qu’ils méditent, prient ou s’engagent dans une thérapie, ces managers et dirigeants accordent plus d’attention aux sensations qui les habitent.

Sébastien Henry cultive cette acuité.

« Je médite dans les aéroports, lis des textes bouddhistes sur mon iPad. » Résultat: ces managers sont capables de prendre davantage de recul face aux dossiers pressants. « Que ce soit chez L’Oréal, ou quand j’ai créé Elephant et Cie, j’étais toujours angoissé, confie Thierry Bizot. J’allais toujours vers ce qui était risqué, et le stress était mon moteur. Mais depuis ma conversion et les prières que je peux faire avant les réunions ou les entretiens difficiles, je suis beaucoup plus serein. »

Nouveaux comportements

C’est alors l’un des apports majeurs de cette quête de sens.

A force d’introspection, ces managers amorcent de nouveaux comportements, plus altruistes.

« Autrefois, je me consacrais entièrement à la cause de mon entreprise, reconnaît ainsi Françoise Bonnal, mais avec une fâcheuse tendance au dirigisme intellectuel. Peu à peu, le travail sur moi m’a rendue plus indulgente avec moi-même, et donc avec mes équipes. »

Luc Callens, directeur financier de Progress-u, société fondée par Sébastien Henry, observe comment ce dernier ne craint pas de traverser ses émotions.

« Il est évidemment plus facile de travailler avec quelqu’un qui sait gérer sa colère ou sa peur… Je sens sa spiritualité, mais aussi qu’il a les pieds sur terre, c’est important. »

De fait, la recherche de sens impulse une nouvelle vision de l’entreprise et de ses objectifs. Fabrice Lacroix voit ainsi son business comme un « service à l’autre. Dans mon management, explique-t-il, je fais passer de façon indirecte un principe karmique: ce que l’on donne en énergie au monde, celui-ci nous le renvoie de manière amplifiée. Ce qui compte dans l’entreprise, ce n’est donc pas l’argent qu’on va gagner à court terme, mais de ne jamais traiter un client de manière injuste, pour sa seule satisfaction immédiate. Si l’entreprise en tant que « personne morale » est juste, alors elle s’épanouira« .

Même humanisme chez le producteur Thierry Bizot, qui tend de plus en plus à voir ses clients comme « des frères et soeurs » et essaie désormais davantage de « faire le bien plutôt que faire le plus« .

Même recherche d’intégrité chez Laurent Quentin, qui veille au « droit chemin« .

« Dans l’islam, avoir des dettes est un problème, explique-t-il. Je veille donc, par exemple, à ce qu’il n’y ait aucun loupé au niveau de nos obligations vis-à-vis de l’Etat. Frauder ne servirait à rien, selon nos principes, car cet argent, de toute façon, ne serait pas propre. »

Quant à Françoise Bonnal, ses découvertes l’ont amenée à militer pour que son groupe intègre en pionnier l’expertise du DD.

« A un niveau personnel, avec cette conscience élargie, je me posais désormais la question de ma contribution au monde, confie-t-elle. Et au niveau collectif, je voulais partager le fait qu’un nouveau modèle, plus coopératif, était en train d’émerger au-delà de notre hyperindividualisme.

 » Une vision qu’elle a d’ailleurs développée dans un livre pour les stratégies des marques, La Ré-alliance (éd. Payot).

Les risques, les limites

Serait-elle donc là la solution pour une entreprise éthique: des patrons plus spirituels?

Ne rêvons pas trop.

D’abord, la France est farouchement attachée à la laïcité et il est d’usage de considérer que la recherche personnelle et la foi relevant de la vie privée n’ont pas à s’infiltrer dans les entreprises.

François Dupuy, sociologue du travail, auteur de Lost in Management (éd. Seuil), considère comme encore très marginal ce phénomène de dirigeants « en recherche personnelle.

Est-ce parce qu’ils choisissent de garder secrète cette part d’eux-mêmes? s’interroge cet expert.

En tout cas, lors des centaines d’entretiens que je mène pour mes études, je n’ai guère rencontré cette question du sens posée au niveau individuel.

Aujourd’hui, ce qui domine, c’est la notion de responsabilité sociale de l’entreprise ».

Si la recherche intérieure n’est guère évoquée par les dirigeants, c’est aussi à cause de l’extrême difficulté qu’il y a à la vivre dans un cadre professionnel.

Florence Lautredou, psychanalyste et coach de dirigeants, pense même que « le malaise se fait de plus en plus intense entre ceux qui sont en recherche de sens et l’univers du business. Phénomène plus insidieux, ajoute-t-ellecertains se servent de valeurs spirituelles pour intensifier leur performance. Ils veulent du bien-être et sont prêts à méditer si ça leur est utile… mais pas du tout dans un sens compassionnel, plutôt pour intensifier leur compétitivité, ce qui est une dérive de la pratique« .

« Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde« , avait lancé Gandhi.

Pour inspirante qu’elle soit, cette phrase est encore loin d’être une réalité.

Passer du changement de soi à la transformation du monde implique un travail de titan sur soi-même que la grande majorité est loin d’avoir envie de faire.

Pourtant, certains s’y adonnent.

Françoise Bonnal est devenue psychothérapeute et écrit des livres de développement personnel.

Thierry Bizot tient un blog dans lequel il transmet les méandres et les joies de la foi. Sébastien Henry travaille à la création de centres de ressourcement spirituel pour les managers qui souhaitent redonner du sens à leur action.

Ce qui a guidé ces dirigeants et entrepreneurs continue de se diffuser…!

5 clés pour doper votre autorité naturelle

Faire reconnaître son autorité quand on est manager ne se résume pas à hausser le ton.

Au contraire, cela passe par un comportement qui doit favoriser l’adhésion.

Voici les conseils de spécialistes.

Considérer que son statut de dirigeant ou manager conforte naturellement son autorité auprès de ses équipes peut entraîner de graves désillusions.

D’autant que l’autorité ne se limite pas à réprimander mais à être écouté et considéré.

C’est aussi obtenir les résultats escomptés au moindre coût économique, social, et en minimisant son stress.

Alors, comment relever ce challenge ?

Voici les conseils de Mathieu Maurice, consultant au Cepig et auteur de Gagner en autorité naturelle (Interédition, 2004) et Jean-Louis Muller, directeur de la Cegos et co-auteur de Exercer votre autorité avec diplomatie (ESF, 2006).

1. Fixer les règles du jeu

Pour asseoir son autorité, la première chose à faire est de fixer des règles très claires dès le début.

« Il s’agit des limites à ne pas dépasser, ce qui est négociable ou pas, précise Mathieu Maurice. Ces points doivent être peu nombreux mais non discutables. »

Les règles doivent être simples pour être crédibles.

Il sera toujours temps ensuite d’être plus souple et disponible.

« Une autorité efficace et juste développe chez les collaborateurs leur confiance en eux et en leur manager, ajoute Mathieu Maurice. Cela se traduit par une liberté de parole avec celui-ci, mais jamais sous forme de mise en cause agressive ou d’accusation. »

2. Etre visionnaire

Les collaborateurs ont besoin d’être guidés, de savoir où ils vont, d’avoir des repères.

Pour faire autorité, avoir une vision à long terme et en déduire des objectifs clairs sont des atouts indiscutables. Jean-Louis Muller d’insister : le manager doit avoir en tête un objectif précis quel que soit ce qu’il fait ou dit.

La moindre action doit être posée sous le sceau du résultat à atteindre.

Il faut être clair avec soi-même et les autres sur les objectifs pour ne pas être dérouté en cours de route.

Quel que soit le problème présenté à un moment donné, le manager doit pouvoir ouvrir sur des perspectives d’avenir, envisager les conséquences que cela induit et les objectifs à atteindre.

C’est la capacité du manager à se détacher des petits détails quotidiens qui fait de lui un meneur, note Mathieu Maurice.

3. Assumer son rôle

Votre rôle en tant que manager est de prendre des décisions, de trancher rapidement, sans culpabiliser.

N’attendez pas que les problèmes s’accumulent ou prennent de l’importance pour les traiter.

Faire preuve d’autorité, c’est aussi assumer les décisions personnellement, même si elles viennent de la direction.

« Dans le cas contraire, prévient Mathieu Maurice, si vous vous déchargez de cette responsabilité, vos collaborateurs penseront que vous n’avez aucun pouvoir, vous perdrez votre crédibilité. »

Le regard que l’on porte sur soi ou autrui à une forte influence sur le comportement, voire le conditionne.

« On génère tout ce que l’on craint ou projette sur notre entourage », prévient Mathieu Maurice.

Par exemple, un manager qui craint de manquer d’autorité ne se fait pas respecter.

Dans le même sens, « si vous considérez vos collaborateurs comme des opposants ou des bons à rien, vous risquez fortement de les conditionner comme tel ».

C’est ce que l’on nomme l’effet Pygmalion.

Attention, s’il assume son rôle, le manager doit également rester authentique quelles que soient ses qualités ou défauts. « Lorsque l’on masque ses travers, remarque Jean-Louis Muller, les autres s’en rendent compte facilement et peuvent s’en servir pour vous déstabiliser. »

Assumez vos points faibles.

Ne vous déguisez pas en quelqu’un d’autre.

4. Garder la maîtrise de soi

Gare à celui qui répond du tac au tac et se laisse happer dans le flux d’une conversation.

Prenez au contraire quelques secondes pour réfléchir, récapituler la situation et répondre posément.

Il en va ainsi pour formuler un reproche ou un compliment.

Pour Jean-Louis Muller, « éviter la panique, ne pas répondre sur le vif, permet de prendre du pouvoir. La panique est propre à saper l’autorité, voire contagieuse. Il ne faut pas gâcher le futur en se défoulant à court terme. »

En outre, il faut être capable de trier les faits des émotions, opinions, sentiments.

Au lieu de dire à un collaborateur « Vous êtes incompréhensible » mieux vaut « Je ne comprends pas ».

Ce qui était un jugement de valeur vexant devient une appréciation personnelle qui met l’interlocuteur en situation de négociation.

Il faut à tout prix éviter de faire perdre la face à une personne.

Enfin, évitez de tout tourner en négatif – « j’ai la tête sous l’eau », « je suis débordé » – ou de dire du mal de l’entreprise aux collaborateurs ou devant les clients, d’avoir un comportement contraire aux valeurs affichées.

5. Etre à l’écoute des autres

Le respect des autres et de la diversité est déterminant.

Vous travaillez avec une équipe qui est composée d’individus très différents parfois.

Vous n’allez pas appliquer le même type d’argument à tout le monde que ce soit pour un compliment ou un reproche.

Dans la mesure du possible, employez le langage de l’autre.

« On ne fait pas boire quelqu’un qui n’a pas soif », cite Jean-Louis Muller.

Etre à l’écoute, c’est aussi faire preuve de flexibilité comportementale.

Bref, être capable de changer de méthode lorsque la sienne ne marche pas et que la situation est sur le point de tourner court.

Il faut prendre les choses autrement.

Pour Mathieu Maurice, lorsqu’il y a reconnaissance du travail et récompenses, celles-ci doivent être originales, entendez par là individuelles et personnalisées.

C’est une manière de développer la fierté de ses collaborateurs.

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Changez de métier et réussissez votre reconversion

La reconversion professionnelle est une option qui attire de plus en plus d’individus à notre époque.

Il y a 50 ans, lorsqu’on entrait dans une entreprise ou dans tout autre secteur de travail, c’était pour y rester, cela n’est plus vrai aujourd’hui.

Se pose alors une importante question, à savoir le pourquoi de ce phénomène, c’est-à-dire, de comprendre les raisons qui poussent à tant de changements au cours d’une carrière.

Pourquoi faire une reconversion professionnelle ?

Ce récent phénomène qui étonne beaucoup nos ainés est cependant tout à fait logique.

Il existe en effet différentes raisons pour comprendre ce qui pousse tant de personnes à choisir de changer de métier.

La quête de sens

Une première motivation tout à fait fondamentale est celle de la recherche de sens.

En effet, il est fréquent qu’après plusieurs années de travail répétitif, dont l’objectif est essentiellement alimentaire, les individus désirent changer et trouver un travail qui réponde à leur désir d’accomplissement personnel.

L’absence d’opportunités d’évolution

Une autre raison qui pousse les professionnels à changer de travail est l’absence d’opportunités d’évolution au sein de leur entreprise ou autre lieu de travail.

Il arrive en effet fréquemment que l’on soit engagé pour un certain poste et que malgré notre désir d’évoluer et d’obtenir plus de responsabilités cela soit impossible.

Problème d’ambiance

Une situation qui pousse pas mal de monde à se reconvertir et changer de lieu de travail est celle de la mauvaise ambiance au sein de l’équipe de travail.

Effectivement la satisfaction professionnelle dépend en grande partie des relations avec les collègues de travail.

Le contenu du travail en tant que tel peut être aussi satisfaisant et épanouissant que possible, si l’on ne se sent pas bien au sein de son équipe, cela constitue une raison suffisante pour vouloir s’en aller.

Des contrats de travail à court terme

Un autre motif qui ne dépend, cette fois-ci, pas du travailleur est le type de contrat que l’on trouve actuellement sur le marché.

En effet, il convient souvent aux employeurs de proposer des contrats à court terme plutôt que d’offrir des contrats à durée indéterminée avec tous les avantages que cela comporte.

C’est donc souvent bien malgré lui que le travailleur va devoir se reconvertir.

Pour accumuler les expériences

Vouloir se reconvertir peut également se justifier par la volonté de vouloir vivre plusieurs expériences professionnelles, ce qui permet d’améliorer son curriculum.

A l’heure de la flexibilité et de la mobilité, les jeunes doivent souvent travailler auprès de divers employeurs situés dans différentes villes voire pays pour réussir à faire valoir leur curriculum et finalement obtenir le travail qu’ils désirent.

Un salaire peu satisfaisant

Enfin, un dernier aspect qui motive le travailleur à s’en aller est le bas salaire qu’il peut espérer.

Il est en effet fréquent d’être payé à des barèmes inférieurs à ceux auxquels on pourrait aspirer compte tenu du diplôme et niveau d’études atteint.

A quel âge?

Une autre question fréquemment posée quant à la reconversion professionnelle est de savoir quel type de professionnels est susceptible de faire ce choix.

La réponse dépend en partie des motivations de la reconversion.

En effet, décider de changer de job est très fréquent chez les jeunes qui désirent acquérir de l’expérience ou encore qui se voient offrir des contrats à court terme.

Par contre, les personnes plus âgées vont plutôt avoir tendance à opter pour la reconversion pour les motifs de quête de sens, de recherche d’un salaire et d’opportunités d’évolution plus intéressantes ; il est ainsi relativement fréquent que les plus de 40 ans optent pour une reconversion professionnelle fonction publique qui satisfait ces différents critères.

Notons qu’en règle générale, il existe deux « pics » de reconversion : entre 25 et 30 ans, il s’agit dans ce cas plus de flexibilité que de reconversion : le second pic arrive entre 40 et 45 ans, période qui coïncide souvent avec un moment de réflexion général sur les choix de vie.

Comment trouver sa voie?

Il est relativement fréquent d’avoir envie de changement mais de ne pas vraiment savoir comment s’y prendre.

Ce qui apparaît clairement est la non satisfaction par rapport à la situation actuelle mais sans pour autant être sûr de la direction du changement que l’on veut entreprendre.

Si l’on désire se reconvertir et qu’on cherche sa voie, répondre à quelques questions permettra souvent de nous orienter.

Il faudra ainsi tout d’abord identifier le type de changement désiré, c’est-à-dire savoir si c’est le lieu de travail, le poste en particulier, le domaine de travail ou plus largement le style de vie en général qui est insatisfaisant.

Une fois cette réponse obtenue, la réorientation sera beaucoup plus simple.

Ensuite, il sera nécessaire de réaliser un bilan de ses compétences et centres d’intérêt pour évaluer les possibilités de réorientation.

L’on peut s’adresser, pour ce faire, à des spécialistes de l’évaluation des compétences et de l’orientation.

Il est en effet important de savoir quels sont les atouts que l’on a en main et que l’on est susceptible de développer pour évaluer la faisabilité du changement.

Il est ainsi parfois possible de pouvoir se reconvertir sans besoin de suivre une longue formation ; tout dépend des compétences préalables requises.

Si ces compétences n’étaient pas suffisantes, il serait alors nécessaire de s’adresser à un centre de formation professionnelle ou à tout autre organisme de formation.

Combien de temps pour faire une reconversion professionnelle?

La durée de la reconversion professionnelle varie fortement en fonction de la nécessité ou non de suivre une formation.

Si la reconversion est possible sans formation, le temps nécessaire pour y parvenir sera court, en général quelques mois suffiront pour trouver un nouvel emploi.

Si par contre les compétences requises pour le domaine choisi nécessitent une formation, la durée de la reconversion sera généralement comprise entre 1 et 4 ans.

Où se renseigner?

Si vous désirez changer de travail mais que vous ne savez pas comment vous y prendre ni à qui vous adresser, sachez qu’une option tout à fait recommandable est de s’adresser à un service d’orientation professionnelle.

Ce type de structure est généralement public et offre des conseils tout à fait utiles sans que cela ne coûte trop cher.

Dans certains cas les services sont même gratuits.

S’adresser à ce type de structure vous permettra ainsi notamment de répondre à toutes vos questions sur comment se reconvertir et si nécessaire de savoir quelle formation suivre pour y parvenir.

Les services qui fournissent des conseils en orientation seront également à même de fournir toutes les informations sur les différentes écoles et établissements auxquels s’adresser pour suivre une formation complémentaire.

Comment financer une reconversion professionnelle?

Il existe deux grandes manières de financer sa reconversion, durant la période de formation et recherche d’emploi nécessaires.

Une première option est de choisir une formation à horaire décalé qui permet de continuer à travailler tout au long de la durée de la formation.

Une seconde option est de s’adresser à l’organisme public chargé l’emploi dans sa région qui pourra fournir des bourses et financer une bonne partie du coût de la formation.

Bon courage à vous qui souhaitez vous lancer.

Article tiré du site http://www.reconversionprofessionnelle.org

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